2013

5 janvier.

Déjeuner chez V. et D. B. J’y vais à reculons et mes craintes se confirment. Lors du repas quelques perles du couple bobo-catho-démago :

La femme : Je travaille 20h mais avec les transports ça fait 35h.

On est tous un peu homosexuels.

Le mari : Il faudrait réformer l’orthographe depuis le XIXè siècle ; pardonner les fautes de syntaxe car elles traduisent parfois de grandes souffrances personnelles ou de réelles difficultés d’enfant (je parlais d’un formateur qui ne savait pas aligner deux mots sans faire de fautes et au prof de creuser les raisons du pauvre type qui n’était pas fichu de se faire relire !)

Le mariage homosexuel est subversif par rapport au traditionalisme catholique (rappelons que les deux tourtereaux se sont mariés à l’église il y a 10 ans, on fait deux petits marmots, vivent dans une grande maison en banlieue riche, écoutent France-culture, sont agrégés, n’ont pas la télévision, votent "Les Verts" et soutiennent logiquement le mariage homosexuel.).

7 janvier.

Jour de rentrée scolaire et nouvelle année au pays Indécence et Médiocrité structurelles, je me rends au travail avec le moral d’un condamné à la pendaison imminente. Au retour du bagne quotidien, je prends le métro à Chevaleret. Je me souvenais que l’escalator qui mène au quai direction Charles de Gaule était en panne durant la semaine précédent les vacances de Noël. Et là, sous le règne RATP, l’escalator était toujours immobile, raide comme un piquet et long d’une bonne cinquantaine de marches. (Pour ceux qui ne connaissent pas, la pente est assez abrupte et longue). Les vacances existent aussi pour la RATP qui attend je ne sais quel infarctus pour convoquer quelques ouvriers. Je me fais les jambes en les montant deux par deux quand j’entends le coup de sifflet fatal du métro qui compte refermer ses portes. Je jette vite un œil sur le prochain (4 mn), il fait froid, et je me précipite dans la rame alors que la porte se referme, me la prenant en plein dans le bras, coinçant ma sacoche. Je ne me serais pas débarrassé de cette satanée porte qui s’est bien refermée sur moi si je ne m’étais pas débattu comme un forcené. Aucune sécurité apparente dans ces portes couperets, aussi violentes que la lame de Guillotin. La RATP s’excuse de ses sempiternelles gênes occasionnées, mais jamais de ne mettre aucune sécurité dans ses portes, comme dans ses tourniquets encore plus violents quand le moindre problème technique vous les fait se refermer sur vous, vous broyant comme une chiffe molle.

Horreur de la reprise, de ces têtes d’une laideur apocalyptique de cette ligne 5 déprimante à souhait. Pas une belle femme, pas une ne s’est assise en face de moi depuis que je la prends jusqu’au bout de la ligne (depuis 3 mois où j'ai pris un poste de CPE dans un lycée). Que d’horribles pantins tragiques dont la laideur brutale me paralyse dès l’aurore. Et au bout du tunnel, la solitude des taches administratives. Seul quelques beaux culs se dandinant dans les rues du retour et la lecture de Sternberg me sortent d’une léthargie épuisante à combattre. Le travail est la réelle misère du monde moderne.

8 janvier.

Sur le Paris-Dakar (qui ne passe ni à Paris ni à Dakar), un motard de 25 ans se tue en percutant un camion de plein fouet alors qu’il roulait sur la piste à contresens. De cela, rien n’est dit. Que fichait ce camion en pleine piste ? Sur la mort du type, de simples condoléances à la famille passent entre les résultats du jour et le programme du  lendemain. La mort fait partie de cette course hideuse, ça y est, c’est acquis. Il y a les sponsors, les favoris, le parcours, le désert et les morts. Ça fait partie du charme local.

22 janvier.

L’escalier de Chevaleret vient d’être réparé. C’était pourtant fascinant de voir ces vieux, canne à la main, prendre l’escalier en panne, s’arrêter à mi parcours pour récupérer leur souffle, ces femmes soulever leur poussette sans que personne ne propose son aide et ces voyageurs se démener avec leurs grosses valises dans l’indifférence de leurs semblables et de l’empire du Mal, RATP : Réseau asocial ténébreux et postmoderne.

25 janvier.

7h35, rue Chevaleret, je vais au travail, la douleur au ventre et l’âme en poussière. Une femme, 40 ans, me percute violemment l’épaule sur le trottoir. Je ne m’attendais pas à un tel choc et je lui demande si elle n’est pas un peu malade de foncer ainsi sur les gens. Sans s’excuser, elle me rétorque que c’était à moi de me dégager alors que je n’avais pas la place. Puis, voyant que je suis à deux doigts de l’envoyer au tapis devant tant de bêtise féminine, elle se tire. « Crétine !» lâche-je, exaspéré. Dans quel état peuvent nous mettre les gens vils et mal éduqués ?....

15 février.

Restaurant Universitaire où je mange seul chaque jour. J’entends des bribes de conversations étudiantes aussi ineptes qu’une mauvaise série américaine. Et là, cette jeune fille de 21 ans, sûre d’elle, physiquement quelconque qui dévoile son quotidien minable d’étudiante tout aussi minable. Du repas, elle n’a pas arrêté de jacter, n’écoutant pas sa camarade, en ne parlant que d’elle, de banalités terrifiantes, se croyant désirée par le monde et refusant ce même monde qui n’est pas à sa hauteur. J’étais tétanisé par ce discours de jeune femme aussi certaine de sa place dans ce monde qu’un ministre de son poste en haut de l’état. D’une duplicité basse, d’un ridicule assommant, d’une banalité moderne. A l’entendre, on pouvait en conclure qu’elle se vantait d’être si banale, si prévisible, si typiquement bête et suffisante. Son physique, d’une platitude accablante n’y changeait rien, elle restait dans son rôle tragique de fille qui se croit femme et que l’on sait encore enfant. J’ai failli tout vomir et me suis dépêché de partir, assommé par tant de probables situations. 10 ans que j’ai les pieds dans ce monde, et je sais que je n’y trouverai rien. Le vide de cette existence frigide où il ne se passe rien que l’artifice et le mépris que ces gueuses renvoient à notre frustration.

18 mars.

La Lavandière du crépuscule.

Le malheur continue bien après la rupture avec une femme que l’on a fréquentée. Ci-dessous un article prenant en compte les inepties typiquement d’époque d’une responsable RH qui a partagé ma vie durant plus de 4 ans. Avant, quand on l’a nommait, on pouvait dire qu’elle était la fille de Jean Langlais (1906-1991), organiste aveugle, catholique et austère. Aujourd’hui, mariée à un descendant noble, on titre: Responsable RH chez Subsea France. Il y a 50 ans, Langlais a peut-être souffert d’être taxé de bourgeois, sectaire et élitiste. Aujourd’hui, on pourrait taxer sa fille indigne de gauche caviar, progressiste et post-moderne mais en souffre-t-elle ? Le sait-elle ? Lui dit-on ? Ou l'assume-t-elle? Etudiante brillante et agaçante (CELSA, ISCOM, SCIENCES-PO, PARIS 2), elle bûchait sec, à l’époque où nous habitions sous le même toit, le sien en fait, pour intégrer Sciences-Po puis pour en sortir diplômée. Forcenée et ambitieuse mais avec cette apparente simplicité, elle enchaînait par un troisième cycle à Paris 2 en Ressources Humaines alors que je pointais chez Pôle emploi. Je cessais de fréquenter ce monstre résolument tourné vers son avenir au moment du grand oral où elle m’éjecta comme une vulgaire copie baclée. Elle m’en fit passer un aussi où elle me colla un 0 pointé, reprenant ses clefs et déménageant mes affaires à jamais.  

Depuis presque dix ans, cette démago du prolo est DRH dans une grosse compagnie parapétrolière cotée en bourse. Et voici ce qu’on peut lire dans une annexe du Parisien paru ce mois-ci:

Toute la stupidité de la gauche de Delanoë est dans cet article ultra libéral, bien pensant, ultra capitaliste, cynique presque et du coup totalitaire, ce totalitarisme que Muray a su parfaitement définir : cette bêtise répressive faite de cotillons et de sourires. Toute la médiocrité de notre époque est entre ces lignes idéo-démagogiques et féministes. Cette épouse, cette mère de famille est la métonymie parfaite du pouvoir tyrannique masqué par l’apparente douceur d’une femme au visage d’ange et au moral de tortionnaire moderne. On pourrait presque aller dans le sens contraire si l’on ne voulait pas être taxé à notre tour d’idéologue car l’on sait ce que font les femmes au pouvoir. Ma maigre expérience d’esclave moderne en a fait les frais depuis 1997 où j’ai commencé à perdre mon temps à travailler et accessoirement à être sous leurs ordres. Des centres de vacances à la direction d’un lycée, en passant par une bibliothèque municipale et une faculté privée, les femmes au pouvoir (dont j’ai fait les frais) n’avaient rien à envier à Rudolph Höss dans la brutalité, la cruauté et l’injustice de leur pratique de la hiéarchie. Le manque de recul, le mensonge, l’ambition personnelle, l’obsession du travail, la recherche du gain, l’image et cette volonté de contrôle ont pourri des générations d’employés. La médiocrité de leur statut en a fait de véritables petits tyrans aux dents longues et aux actes ignobles. Et voilà qu’une bonne petite mégère de Montmartre au service du pouvoir (quel qu’il soit) veut la parité dans l’entreprise, la pensant indispensable (D’une certaine façon, on la comprend, les femmes aiment travailler, elles s’accomplissent dans leur travail, comme un pigeon dans son nid.). Bienvenue dans l’enfer actuel, indestructible, insubmersible et souriant. L’enfer du féminin aux commandes du pouvoir. Et j'ai assisté à la formation de cette lavandière en témoin aveugle et naïf durant mes études de lettres où je m'ennuyais dans cette université crépusculaire de la Sorbonne...

11 avril.

Une bimbo de 20 ans aux seins siliconés et aux expressions de jeune ignare triomphe dans une émission poubelle qui passe à la télévision. Peu de gens regardent quotidiennement (à peine 1 million) mais tous les médias, y compris les plus officiels (Libération, Télérama, Canal +), relaient le « phénomène », enflammant ce qui n’était qu’à l’état d’étincelle (et c’est là que les médias ont ce rôle absolument détestable) les débilités quotidiennes de la pouffe décérébrée. Du coup, on entend parler en continu de cette jeune fille aussi provocante qu’idiote. On lui donne la parole, on lui laisse du temps d’antenne, et on glose sur son corps refait et sa stupidité. A l’écouter, on comprend le problème de cette nouvelle jeunesse décomplexée, de cette génération parfaitement désuète : Le fait d’assumer et de mettre en avant sa propre médiocrité comme expression d’un naturel plus fort que tout artifice, voire de mensonges. La bimbo, exploitée honteusement par les puissants médias cyniques, assume son corps d’actrice X et les inepties qu’elle répand à tout bout de champ devant les caméras. Son rêve, hormis de célébrité, est d’être filmée, d’être vue, d’être une actrice vivante dont on suivrait les moindres gestes. Le concept existe bien sûr depuis quelques années avec l’exemple de Paris Hilton ou de Loana, mais là on atteint le tréfond du sordide avec cette nouvelle égérie du vide. Ce qui n’est pas pointé du doigt dans cette porcherie quotidienne, c’est tout le cynisme immonde, les positions démagogiques et infâmes de ceux qui l’attaquent (comment ne pas attaquer une inculte qui philosophe ?) et ceux qui la défendent (en l’invitant sur leur plateau parce qu’elle est un phénomène médiatique) tout en justifiant au spectateur qu’elle aussi a droit d’être invitée et d’être interrogée afin qu’on voit enfin l’humanité qui s’en dégage (Nous savons qu’elle n’a rien à dire mais on veut comprendre un phénomène que nous avons crée nous-même, nous dit avec le mépris le plus total le puissant communiquant tout en mettant sous les feux des projecteurs la stupidité de la jeune femme). Je vomis tous ces animateurs qui parlent d’elle, en bien ou en mal, ce sont eux les charognes qui se font mousser sur l’existence de cette non-femme, de ce non-être, de ce non-phénomène, de cette non-vivante.

15 avril.

Dans cet enfer quotidien, voilà un bel exemple de mérite et de courage. Tommy Robredo qui remporte le tournoi de Casablanca après plus d’un an de galère suite à une blessure et une opération aux isquiaux. Je place ici un bon article de Le Soir trouvé sur Internet.

Robredo renaît de ses cendres

Tommy Robredo a été sacré à Casablanca. L’Espagnol a remporté la 29e édition du Grand Prix Hassan II en battant le Sud Africain Kevin Anderson (7-6,4-6,6-3). C’est le premier titre de Robredo depuis deux ans.

Tommy Robredo, applaudi par le président de la FRMT, Faiçail Laaraichi, soulève son premier trophée depuis deux ans. L’Espagnol ressuscite à Casablanca.

Il l’a fait. Tommy Robredo a ressuscité à Casablanca. Après deux ans de disette, l’Espagnol a pu vaincre et surprendre tout le monde. Outsider de cette 29e édition du Grand Prix Hassan II, personne ne misait sur sa victoire. Cependant, sa détermination a primé. Loin de la pression, Robredo avait remporté son dernier titre en janvier 2011, au tournoi de Santiago du Chili. Blessé à la jambe gauche la saison passée, l’Espagnol s’est éloigné des courts pendant 5 mois, tombant au 471e rang mondial. L’Espagnol qui a souffert énormément, a réalisé ce qu’il n’a pas pu faire depuis douze ans, ici même à Casablanca. Cela a été comme un défi : gagner là où il avait échoué. A 30 ans, (il aura 31 ans le 1er mai prochain), il a remporté le onzième titre de sa carrière, son 10e sur terre battue, aire de jeu favorite de presque tous les Espagnols. Déjà finaliste malheureux à Sydney en janvier, Anderson (26 ans), qui disputait sa première finale sur terre battue, devra encore patienter pour s’offrir un trophée cette saison. Robredo n’avait pas la tâche si facile. Kevin Anderson ne s’est pas laissé faire facilement. Après un premier set très disputé, empoché au jeu décisif par Robredo, Anderson, 29e mondial, s’est relancé d’entrée de deuxième manche avec un break, en profitant notamment de la baisse de régime de l’Espagnol au service.

Deux heures de jeu

Anderson, le jeune en compagnie de son cadet Robredo, grand vainqueur du trophée.

A un set partout, Tommy Robredo s’est montré intraitable sur les points importants, surtout dans les balles de break. Il a sauvé au moins une balle de break sur quatre. Robredo a fait montre de sa grande expérience sur le court central M’hamed Mjid, où il a imposé son tennis solide face à la fougue de la jeunesse du Sud-africain Kevin Anderson. Le jeu a duré pendant trois manches et Robredo s’est adjugé le titre après 2h20 de coups droits, revers et autres techniques de tennis. Quant à Anderson, le Sud Africain, devra attendre. Malgré son parcours éloquent lors de cette 29e édition, il n’atteindra pas son objectif : remporter un premier titre de la saison et le quatrième de sa carrière. Son dernier sacre remonte à 2012 à Delray Beach aux Etats-Unis. Le jeu rapide d’Anderson, qui a démarré en trombe, s’est apaisé. Le Sud Africain avait aligné trois jeux successifs avant que son vis-à-vis n’entame un come-back des plus mérités. Robredo a ainsi évité de s’enfoncer un peu plus au score. Le meilleur au classement dans cette édition, Anderson, et son cadet ibérique ont livré une belle bataille devant un public attentif.

Premier face-à-face

Les deux finalistes à Casablanca ont joué leur premier face-à-face. Chacun a voulu assurer son service et prendre le meilleur sur son adversaire du jour. Ne se connaissant pas très bien, le dernier mot revenait au tie-break. Robredo, le solide, faisait durer les échanges pour déstabiliser le Sud-Africain porté par son penchant à conclure le plus rapidement le point, comme une manière de fatiguer l’adversaire. Cependant, Anderson, ne s’est pas compliqué la tâche et en gardant souvent la main. La dernière manche a été la plus disputée. Robredo n’a pu briser le signe indien que difficilement : l’Espagnol a eu du mal à conclure ses points, mais a su rejaillir de plus belle. Tommy Robredo ne pouvait pas baisser les bras. Son parcours à Casablanca, il l’a revisité rapidement en se disant qu’il pouvait le faire. Sa dix-neuvième finale, depuis le début de sa carrière professionnelle en 1998, allait être sienne.  Une véritable surprise pour l’Ibérique qui avait sorti deux autres pointures du tableau final : le Français Benoît Paire numéro 4, en quarts de finale et le Suisse Stanislas Wawrinka numéro 1, en demi-finales. Robredo, en soulevant le trophée très haut, a effacé sûrement ce mauvais souvenir de la finale en 2001, où il s’était incliné face à l’Argentin Guillermo Canas.

 

20 avril.

En allant sur Bastille et en prenant la ligne 5, un exemple frappant de ce qu’est aujourd’hui le quotidien minable de notre société. A Porte de Pantin, une jeune mère de famille se précipite sur une place restée vacante. Elle s’assoit avec sa fille sur les genoux comme libérée déjà du poids de rester debout durant 10 stations. En effet, ces gros porcs de la RATP ont construit des nouveaux métros où il n’y a plus de places assises et encore moins d’espace lorsque l’on est debout ; encourageant l’agressivité des usagers à trouver une place coûte que coûte lorsqu’ils pénètrent dans la rame (moi-même je me surprends à l’être devant le présage du voyage passé debout.). L’ennui, c’est qu’on n’avait pas besoin de cela lorsque l’on voit la civilité quotidienne des français en général. Une autre place se libère dans le carré de quatre sièges, et la même femme y pose sa fille, voulant se décharger du poids de la gamine d’au moins six ans. Voyant qu’elle se trouve en diagonale et en face d’elle, elle demande poliment à la personne (assez âgée) assise en face d’elle si ça ne l’ennuie pas d’échanger de place et cette dernière de répondre le plus mesquinement du monde : « Si ça me dérange. » et d’installer un climat de silence et de surprise entre elles. J’observe tout cela de mon siège et je me dis : qui a tort, qui a raison ? Première responsable : RATP qui crée ce climat de haine sociale, seconde, cette jeune femme qui se comporte du coup comme la RATP le préconise. Ensuite, encore elle qui demande à une personne âgée de se déplacer pour être à côté de sa fille, puis cette même vieille personne qui aurait pu faire l’effort, en tout cas de ne pas lui répondre aussi méprisamment. Le règne de la médiocrité régnait encore sur deux mètres carrés. Je reprenais ensuite ma lecture de La Crise de la culture d’Hannah Arendt, qui à son tour allait m’en dévoiler de bien bonnes.

23 avril.

Chaque jour en prenant le métro sur la ligne 5, je prie pour qu’une jolie femme s’assoit en face de moi. Devant patienter durant toute la ligne, je suis toujours assis, quand je pars travailler et quand je reviens, et l’occasion ne se réalise qu’une fois tous les six mois, et encore, généralement, la femme quitte sa place au bout de quelques stations. Ce matin, une femme, 55 ans, grosse, plissée, déprimée, sentait l’eau de Cologne mélangée aux odeurs de fesses plissées de grand-mère. Chacune de ses expirations me parvenaient au nez, ajoutant l’odeur infâme du palais à celle que je sentais déjà. A chaque ligne de mon livre (Le Métier de vivre de Pavese, qui lui a fini par rejeter et métier et vie), je me demandais si j’allais rester ou fuir, ne voulant pas lui faire non plus l’affront et la peine de me placer ailleurs. J’espérais en fait qu’elle quitte le train comme toutes les beautés qui le font en permanence alors que l’on veut qu’elles restent. Mais le programme n’est pas conçu ainsi et elle fit tout le trajet avec moi. Je ne partis qu’à cause de deux décérébrés d’étudiants assis à côté et qui parlaient de leurs cours comme s’ils étaient dans leur chambre de bonne. Impossible de se concentrer en entendant piailler une jeune débile qui rabâchait son cours de droit à son camarade tout aussi suffisant, ricanant à chaque intervention de celle qui éructait sa culture universitaire à deux sous. La journée commençait ainsi, à 7h30 du matin, pour se finir misérablement, dans l’ennui, l’inintérêt et la patience de retrouver son lit.

 

Aujourd’hui, la loi sur le mariage homosexuel a été votée. Les médias font défiler en boucle les commentaires des députés de gauche qui ont eu gain de cause. A entendre un type comme Mamère, on a du mal à évaluer ce que peut-être le degré de médiocrité intellectuelle, de trisomie intellectuelle devrai-je dire, d’un homme politique actuel. Cet imbécile heureux croit que c’est une avancée vers la liberté des droits quand ce n’est qu’une duperie et une usurpation problématique et narcissique des droits sociaux tels qu’ils puissent être défendus depuis la nuit des temps. La nature, arbitrairement, a voulu que l’homme et la femme s’accouplent pour donner naissance à un enfant. A présent, la bêtise moderne intègre complètement, au nom du droit au narcissisme le plus complaisant et à l’ingérence naturelle de l’être non dialectique, qu’un enfant pourra être le fils ou la fille (dans quelques années, ces deux noms seront condamnés de la langue, on dira « enfant ») de deux pères ou de deux mères. Tout parcours symbolique est banni par ses prêcheurs festifs des grandes libertés de ce monde moderne. Le pire, c’est que ses confrères, tout aussi débiles et incultes, mettent sur le même plan cette nouvelle loi avec le droit de vote des femmes, l’IVG, et comble du comble, la peine de mort.

11 mai.

Après tout, il est bon de glisser dans ce journal de la médiocrité quelques actes d’héroïsme ou de grandeur d’âme. Avec Daniel Balavoine, on n’est jamais déçu. La télé vient de diffuser pour la première fois la dernière interview de Balavoine, probablement filmée le jour de sa mort. Bien sûr le format de l’émission (du reste à l'image de sa chaîne, médiocre et cynique) l’a réduite à quelques secondes mais malgré cela, les images dégagent cette force incroyable ; celle d’un homme seul dans un avion supervisant l’installation de pompes à eau dans le désert. Le journaliste approche sa caméra du chanteur qui semble à peine réveillé. Il répond simplement aux questions qui vont finalement lui coûter la vie. Puis l’image s’éloigne, laissant Balavoine à ses rêveries, à sa solitude, à ce pourquoi il est venu en Afrique. Songes qui vont, plus tard dans la journée, se transformer en noir paradis. Pauvre Daniel…