2015

3 décembre.

Muray

 

Philippe Muray le 23 janvier 1988. « Fin du cauchemar. BM. Toujours plus long, toujours plus douloureux… A peu près dix jours. Dix jours de perdus, foutus, anéantis…Toujours plus pénible… Comme si la mécanique, lentement, se grippait… Ou bien, est-ce parce que j’en ai parlé, enfin, publiquement (dans le roman) ?... Ou bien parce que trente-cinq bouquins de merde, ça commence à bien faire ?... Ou bien ?... » 

Muray était contraint d’écrire des Brigades Mondaines pour survivre. Entre ses écrits essentiels et littéraires (Le Céline, Le XIXè siècle, Postérité, etc…), il devait écrire des commandes de B.M., perdant des jours entiers à le faire. Dans tout son journal, il décrit la peine et l’effroi que cela lui procure ; contrainte alimentaire et quasi traîtresse du travail d’écrivain. Tout comme moi qui dois me lever chaque matin pour aller trimer dans une foutue école privée, délaissant la littérature et le tennis, Muray a sacrifié une part de son œuvre pour produire de la merde. (Malheureusement comment trouver les B.M. de Muray pour juger sur pièce ? Il écrivait sous un pseudo emprunté semble-t-il par deux autres auteurs?) Telle est la condition de l’artiste pauvre et esseulé. Perdre un temps incalculable en bêtise pour se consacrer au peu de temps qu’il nous reste à l’essentiel. Trahir sa condition et se perdre dans des tâches sommaires et dégradantes pour se payer à bouffer. Accepter l’abêtissement idéologique pour profiter des jours libres où nous explorons ce que nous souhaitons. Critiquer les romans contemporains (Postérité) et en produire de bien pires (même s’ils ne se veulent pas littéraires) ! Terrible écartèlement moral et artistique.

 

13 décembre.

Elections régionales : Dégoût, abstention. Valls et sa musique antilepéniste tout à fait abêtissante, dénuée d’argument. X. Bertrand qui se prend pour un résistant parce que la gauche lâche et libérale va lui coller ses voix pour faire front contre le FN. Quelle horreur. Un mois après les attentats, on ne parle que d’élections. On ne sait plus rien de ce qui se passe en Syrie et sur le territoire. Les reportages sur les gentils Musulmans défilent en boucle. La propagande est en pleine forme malgré les morts français (et les 60 victimes toujours hospitalisées) et syriens, civils victimes des frappes occidentales. Ce qui compte c’est de sécuriser les grands magasins pour que les tâcherons puissent consommer en toute sécurité.

Discussion avec D.P. qui souligne cette chose intéressante. Nabe a toujours fait partie des traites (je dirais qu’il fut toujours collabo plutôt). De Céline et Rebatet durant les années 80 quand il les encensait ; maintenant des intégristes qui ont repris dans leur organe de propagande l’un de ses textes. Belle consacration. L’ennui pour sa postérité c’est que Rebatet et Céline avaient du talent. Lui en portant bien son nom de nabot de la littérature, disparaîtra avec ces talibans, inconnus dans la masse des égorgeurs.

 

21 décembre.

Nous prenons le RER B à Gare du Nord avec A. Sur le quai, un monde fou. Il est 8h20. Tout à coup, on entend un message sur les haut-parleurs : « Salam aleykoum » puis s’ensuit un texte en arabe. Beaucoup se regardent, interloqués. Est-ce un terroriste qui a pris possession de la salle d’informations et qui nous annonce que tout le monde va sauter ? Pourquoi cette adresse en arabe ? Puis le message est aussitôt traduit en français. « Bonjour, c’est Mohammed qui vous souhaite une très bonne journée et de très bonnes fêtes de fin d’année. »

La propagande d’état bat donc son plein. On s’adresse aux français (et donc aux arabes) en arabe avec traduction française en plein Paris, en Ile de France,  France. Pour distiller une parole gentille. Mais que veulent-ils ? Ils s’auto méprisent tant qu’ils veulent un auto-remplacement ? La France c’est l’Algérie ? Acceptions-les certes, mais adoptons leur langue, leur religion, leur culture à présent. Durant les régionales, la propagande UMPS visait à s’unir contre le FN, qui devant le chômage, la précarité, le terrorisme, le salafisme, les dettes, le racisme même, restait le problème numéro 1 à combattre. L’énorme tâche qu’est le journalieux Bourdin (méprisable interviewer de BFM tv, la chaine des vrais bourrins) lançait une comparaison peu fine entre le FN et Daesh qui ne faisait réagir que le FN qui pour lui répondre publiait sur le compte Internet de Marine Le Len certaines photos de victimes décapitées, brûlées ou écrasées par Daesh en se défendant d’avoir le moindre point communs avec ces tueurs, et rebelote, toute la classe politique bien-pensante de s’indigner devant la publication de telles images ! Images qui défilent en boucle dans les médias (quand c’est un enfant mort dit justement Philippot, on s’indigne en la diffusant dans le monde entier) pour faire de l’audience et quand un parti (qui tente de s’éloigner avec ses fondateurs et ses inspirations racistes et libérales) se défend d’attaques honteuses, on le taxe de faire le jeu des fous de Dieu. Quelle époque de dégénérés mentaux. Nous qui dans notre jeunesse votions pour la gauche, nous sommes contraints de défendre Philippot devant l’exaspérante manipulation des ultralibéraux laxistes et cyniques. Et voilà que maintenant, la SNCF fait des annonces à ces voyageurs (certes majoritairement non-français !) en arabe !  Belle leçon du libéralisme qui méprise les frontières, les races, les religions et les identités en votant pour le nombre ! Ces gens là se méprisent tellement d’être à ce point assujettis aux lois ultra-libérales qu’ils en viennent à mépriser leur propre population nationale.

16 janvier 2016.

A grands renforts d’hommages médiatiques (télé, radio, maison de disques, journaux, Internet), Daniel Balavoine ressuscitait durant quelques jours pour la commémoration des 30 ans de sa disparition. Chaque 14 janvier, sa voix raisonne dans ma maison, ça c’est mon hommage depuis des années. Mais les médias ont bien évolué sur la question. En 1996, pour les dix ans, quelques radios rendaient un hommage ; pas plus. Pour les 20 ans, TF1 faisait une soirée. Pour les 30 ans, TNT oblige, toutes les chaînes y sont allées de leur document avec comme leitmotiv permanent : l’antiracisme. Balavoine devenait le chef de file posthume de la propagande actuelle en permettant aux artistes abrutis de cette génération de reprendre soi-disant son message. Tous en ligne, ces analphabètes qui chantent faux interprétaient à leur sauce mélo la soi-disant bonne parole du disparu qui n’était pas là pour se défendre, du moins pour la compléter ou la corriger. Double mort du héros donc qui était bien plus sincère et lucide (pudique et sacrificiel aussi) sur ses engagements que ces empaffés du système médiatique. Sa fin tragique et violente ne suffisait pas aux médias qui assoiffés de propagande reformatait pour l’occasion l’image de l’artiste (entre ringardise politique et variétoche moderne). Entre Zemmour qui le définissait comme le précurseur du bobo moderne qui voulait faire de Paris la première ville d’Afrique ( !)  et Cali qui chouinait ses considérations dialectiques humanistes proches du bébé en couche culotte, que restait-il de Daniel Balavoine qui mourait dans le désert un soir de janvier 1986 parmi les tôles, les débris, les gravas et le sable qu’il a heurté de plein fouet ? Il y a une femme pourtant, peut-être issue des pires TV réalité, qui a su donner du sens à cet hommage. Nolwenn Leroy, intronisée récemment lors des hommages aux victimes des attentats en prenant le rôle de la Marianne française en deuil, décidait de ressusciter Un enfant assis attend la pluie, jamais chanté depuis 1985 par son auteur, bien analysé par Houellebecq en 2009, et interprété de belle manière par celle qui aujourd’hui a l’âge qu’avait le disparu. Cela suffit, la chanson parle de son sacrifice et l’ interprétation de la jeune femme lui rendit son plus bel hommage. Mais c’est bien triste.

Daniel Balavoine et son chien Boule, chez lui, à Colombes en 1984.

 

6 février.

Quelques instants de belle médiocrité ce mois de janvier. La grosse dinde hystérique Taubira démissionne à cause de la loi sur la déchéance de nationalité en cas d’actes terroristes sur le sol français. Outre les problèmes d’ordre juridique (peine de prison en France ou pas, exclusion du territoire, etc.), cette loi ridicule qui ne changera rien à la vie et au terrorisme, passionne celles et ceux dont rien ne passionne que les faux symboles et les polémiques ridicules. Et évidemment cette truffe incompétente (dont les sujets de discordes en matière de justice méritent effectivement 20 démissions : délinquance délirante, prisons bondées, organes terroristes dans le pays, manque de moyens évidents et lourdeurs administratives dénoncés par le juge Trévidic…) se retire en se prenant pour Nelson Mandela. Quelle belle personnification de la connerie politique féminine. En 2007, c’était Ségolène qui hérissait le poil avec son féminisme anti-porno, en 2016, on a la Taubira et sa grande gueule de beauf écolo qui quitte son bureau en vélo. Qui aurait pu (et aurait dû) démissionner quelques semaines plus tard quand celle qu’on appelle Sonia, proche du commanditaire des attentats de novembre, tué par le GIGN à Saint-Denis quelques jours plus tard, déclarait à la presse qu’il était arrivé en France durant la vague migratoire (applaudie par la Taubira et ses sbires par le slogan Je suis migrant) durant l’été 2015 avec 90 terroristes formés en Syrie. « La France c’est zéro », lui avait-il dit avant qu’elle ne dise aux services de renseignements qu’il comptait faire quelques attentats supplémentaires à la Défense (y compris dans une crèche…). La France c’est zéro; là-dessus, on ne pouvait qu’être d’accord avec lui…

21 février.

Si je voulais me définir par mon contraire, si on souhaitait me connaître par ma propre négation, je dirais que d’un point de vue générationnel (ce pingouin est né quelque mois avant moi), je suis l’opposé intellectuel d’Emmanuel Macron. Manu Macromagnon du libéralisme, cette espèce de sous-doué énervant, puant les écoles de commerce et les portefeuilles de fortune, petit enfant de Mitterrand avec plus de cynisme et moins de culture, ne correspond en rien aux peu de valeurs que je défends sur cette saloperie de planète. Voulant augmenter la durée de travail, se disant libéral (il sort cette phrase magnifique qu’il n’y a pas de différence entre un libéral de droite et un libéral de gauche, ce en quoi je suis en total accord mais qui discrédite ce type sur tous les plans de gauche qu’il dit honorer), il se dit socialiste, appartenant à un gouvernement de gauche, etc. Bien évidemment, la gauche n’est plus celle de Jaurès ou de Blum donc on n’est pas surpris qu’il y appartienne. Toutes ces divergences – y compris son attirance pour les femmes de 50 ans et sa coupe de premier de classe – me propulsent au-delà de chacune de ses apparitions grotesques, de cette affirmation de codes plaqués sur le patronat le plus sanguinolent, et de ce physique de boy-scout ridicule qui fait de la politique en sortant ces petites phrases mesquines ou parfaitement cyniques, se croyant malin ou subtil devant ces frères journalistes qui tentent de le piéger. Ce type est à la politique (pour quelqu’un qui croit à la politique) ce que Beigbeder est à la littérature (pour quelqu’un qui lit quelques livres par an). Sorte de tête à claques opportuniste et sans talent acclamée par la masse inculte et élevée par les puissances médiatiques. Macron est le type même du truand théorique, du mafieux idéologue, au sourire de façade, banquier hypocrite trempant ses mains dans les pires aberrations politiciennes et publicitaires.

 

J’avais vu juste, quelques jours plus tard cette canaille, à tête de fayot, créait son mouvement politique (avec le slogan révolutionnaire : ni de gauche, ni de droite, le truc très nouveau et comme dirait Marine Le Pen, à la fois  de gauche  et de droite !) alors même qu’il faisait encore partie du gouvernement. Interrogé par les glands, il y va de son cynisme professionnel en disant tout sauf la vraie raison de cette présidence de mouvement. Le pauvre homme crée un contre pouvoir à l’intérieur même du pouvoir dans lequel il a un rôle essentiel ! Schizophrénie politique contrainte pour ambition bien personnelle teintée de démagogie (le discours qui consiste à dire qu’il propose des solutions pour le pays avec une équipe de volontaires à ses côtés). Bref, l’homme qui a faim de pouvoir suprême continue sur sa lancée d’enfant du libéralisme sauvage au discours pédagogique ! Terreur dans l’hexagone. Et puis quelques semaines plus tard, il démissionnait de son poste de ministre.

25 février.

Par deux fois, des collègues me demandent de réviser mon avis sur le cinéma de Tarantino. Un professeur de philosophie et une autre d’anglais me conseillent Boulevard de la mort (J’avais quant à moi vu Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Inglorius Bastard jusqu’ici pour m’en faire une idée tout à fait négative quant à un éventuel talent.) alors que je critiquais en bloc l’œuvre entière de cette escroc du cinéma américain encensé par tout le monde, y compris par les spécialistes les plus sérieux. Boulevard de la mort est bien évidemment sans intérêt et montre à quel point le réalisateur n’a pas dépassé le stade mental de 12 ans en filmant des scènes ultra violentes où seule la vengeance mimétique des victimes s’avère pire que ce qu’elles ont vécues elles-mêmes. Chez ce fou furieux, la victime se transforme en sur-nazi (c’est le sujet d’Inglorious Bastard que tout le monde applaudit !) permettant des scènes de violence gratuite et insensées. Sa réalisation racoleuse faites de gros plans et de zooms horribles sur des giclures d’hémoglobine, ses références à la sous-culture de masse (Manga, série Z, avec un hommage à la nouvelle vague) et sa morale de victimisation inversée ne prennent pas du tout chez moi. L’art n’est pas un divertissement pour adolescents avides de sang et de ce fameux second degré (qui en fait n’existe pas chez ce type inculte). Quelques mois après, ce sont deux professeurs dont l’une est agrégée d’histoire et a fait Normal Sup qui me conseillent Django (2012) en mettant l’accent sur l’aspect dramatique de l’esclavagisme noir (qui en fait n’est absolument pas traité dans le film). Et rebelote, en plus long : 2h36 !  Même construction que les précédents films où les victimes souffrent des méchants puis se vengent dans un bain de sang morbide et voyeuriste à la fois. Le personnage de Django (parfaitement abject alors qu’il est traité comme héros positif) émascule même un type qui peu de temps avant voulait lui faire endurer la même atrocité (mais sans pouvoir le faire)! Tout est choquant, moralement insoutenable et esthétiquement mauvais. Comme je leur avais promis, je leur adresse une critique détaillée et construite pour leur dire à quel point ce type fait des films de catégorie Z en montrant l’aspect évidemment problématique et la normale sup. de n’y pas répondre ; évidemment. Ne jamais oublier cela : Les pseudo élites sorties des Sciences-po et Normal Sup, louent la culture populaire pour bien discipliner les masses incultes tout en les méprisant royalement, et n’ont du coup aucun regard intéressant sur l’art. Pire elles ont autant de sensibilité qu’un dresseur de cirque a d’amour pour les félins. Ce sont avant tout des bourreaux de travail (moi qui en suis pour le coup une vraie victime !), des machines dont le gain est l’objectif premier, avide de reconnaissance de la part du système et obsédé par la connaissance à la loupe des manuels scolaires édictés par leur employeur. Ne leur parlez pas d’art et de transcendance, ils répondront par leur diplôme, leur capacité de travail et leur volonté de pouvoir !

Elle finit par répondre, louant, en feignant d’ignorer mes arguments, le cinéma de ce cinglé. Le Science po et le Normal sup. ont toujours raison, même quand ils ont tort !

3 avril.

Il y a une dizaine de jours, Bruxelles était victime d’un double attentat dans son aéroport et dans une station de métro. Bilan : une trentaine de morts et des centaines de blessés. En continu comme c’est la coutume depuis que les chaînes Info contrôlent l’information médiatique, les images nous parviennent en direct (LCI va devenir gratuite et France 2 lance sa chaîne d’info à la rentrée ; ce qui fera 4 chaînes d’infos qui se feront la guéguerre en même temps ; du grand n’importe quoi grandguignolesque au service du système médiatique, uniforme, sensationnaliste et spectaculaire.) Deux kamikazes djihadistes se sont fait sauter dans le hall de l’aéroport bondé et un autre dans une rame de métro en pleine heure de pointe. Ces sadiques avaient rajouté des clous pour qu’ils perforent le plus de monde possible durant la déflagration. Devant l’horreur totale (un attentat tous les deux jours dans le monde est commis par ces fous de Dieu), une seule pensée me vient à l’esprit. Les services de renseignements sont débordés et la surveillance est quasi-nulle. Comment peut-on imaginer que dans la ville la plus menacée du monde (et donc, normalement la plus surveillée), trois types rentrant dans un aéroport avec un chariot portant deux gros sacs et un gant à chaque main ne soit pas contrôlés et fassent exploser à 8 h du matin deux bombes à 15 secondes d’intervalle ? Pire, dans le métro où aucune surveillance n’est faite, pas plus à Bruxelles qu’à Paris, un type se fait exploser au milieu de la foule dans une rame en plein souterrain (Une heure après l’aéroport alors que tout doit s’arrêter selon le protocole logique.). Au lendemain des attaques du Bataclan, je demandais aux employés de la RATP s’ils avaient eu des consignes de sécurité en cas d’attaque terroriste et ces derniers de me répondre que non. Aucune présence militaire et policière sur les plates-formes des correspondances des Gares du Nord, Lyon, Saint-Lazare où ça grouille de partout et ce le lendemain du carnage dans les rues de Paris. Les attentats de Bruxelles viennent conforter mon idée d’alors. Il y a de surveillance que pour les grandes manifestations sportives et festives ; ce qui tient encore le peuple ignare et bêta en vie: Le France/Russie d’il y a trois jours, le marathon de Paris qui court aujourd’hui, la prochaine coupe d’Europe. Concernant les usagers des transports qui partent au turbin, qu’ils peuvent sauter à tout va. On mettra des bougies place de la République en scandant qu’on n’a « Même Pas Peur. » en additionnant les cadavres pour 2016. Résistance de bisounours faite d’incapables et de cyniques. Depuis, je ne prends plus le métro et fais un détour par le tramway (peut-être naïvement, tout peut sauter avec ces cinglés vivant dans nos villes). A interpréter Kepel (Terreur dans l’hexagone), seuls le laxisme français, le cynisme politique et le capitalisme forcené ont amené cette religion à s’implanter avec tant d’aisance et à se radicaliser très facilement. Sans oublier Koulibaly, boursier de l’état français vivant en logement étudiant après être sorti de prison pour braquage et s’étant radicalisé auprès d’un gourou bien connu à la prison de Fleury-Mérogis. A noter qu’il fut l’invité de Sarkosy  en 2010 à la garden-party du 14 juillet, félicité pour être l’un des jeunes les mieux réinsérés dans la société après avoir passé un diplôme d’éducateur !

14 avril.

Ayant envoyé une bonne vingtaine de lettres de candidature spontanée pour un poste de conseiller d’éducation dans les lycées privés sous-contrat, je suis reçu par le directeur du lycée catholique Charles de Foucauld, Porte de la Chapelle. 1700 élèves de la primaire au lycée avec l’ambition de créer une autre annexe comprenant des BTS (plus on est de fous…). Le type (petit, fripé, homosexuel, catholique avec une tête de sous-préfet sadique), me reçoit avec une demi-heure de retard et ne s’excuse pas (premier signe négatif, pour moi, la ponctualité et la politesse me renseignent assez vite sur la personne). Dans ma lettre, j’expliquais hypocritement que je recherchais un cadre différent, plus imposant avec une possibilité d’évoluer dans la carrière. En réalité, je lui explique très vite que je veux partir de mon poste sous payé dans lequel je n’ai aucun avenir et que je veux arrêter de faire le flic toute la journée. Et celui-ci de me présenter un poste de subalterne payé à l’identique 42h semaine avec 400 collégiens à gérer. Ce n’est pas la première fois qu’un proviseur du privé me reçoit pour me proposer bien autre chose que ce pour quoi je postule. Pire, à Charles de Foucauld, il me dit que 70% des collégiens sont musulmans ! « Dans un lycée catholique lui demande- je ? » et lui de me répondre qu’ils sont à la recherche de Dieu ! En résumé, je postule pour être mieux payé et arrêter de faire de l’autorité toute la journée et il me propose pour un même salaire de faire de l’autorité avec des gamins encore moins gérables, musulmans et plus nombreux ! Pourquoi suis-je jamais contredit par l’organe malsain et abject du travail ?

 

2 mai.

Il y a deux semaines, je sortais d’un entretien avec la directrice de Sainte Louise qui cherchait quelqu’un pour prendre un poste nouveau sur son lycée qui s’agrandissait. L’entretien se passait très bien, elle me présentait à l’équipe, et le contact prenait. Au bout de 45 minutes, me croyant déjà pris, elle me sort que ça lui arrive d’être devant quelqu’un d’extrêmement compétent mais de ne pas le prendre car il ne correspondait pas à l’équipe en place. Après un tel entretien, elle sut jeter le froid qu’il fallait et me faire douter. « Je vous appelle dans 4 jours. » me dit-elle souriante carnassière. Elle ne se manifesta pas des vacances et lorsque j’appelais l’école, personne ne répondit durant 15 jours. Bonne et mauvaise nouvelle. Au moins tout le monde prend des vacances dans cet établissement !

Je l’appelle ce matin de rentrée et devant son hésitation, je comprends très vite que c’est cuit. « Vous ne correspondez pas à l’équipe et puis vous êtes trop compétent. » me dit ce chef d’établissement de lycée privé catholique sous contrat ! Que répondre à cette double bêtise ?

Je peux revoir les compétences à la baisse lui dis-je en me foutant de sa gueule. Néanmoins, j’insiste et elle accepte rapidement de me revoir la semaine prochaine. Et si j’insiste pour me retrouver dans un guêpier c’est avant tout pour échapper à la connerie abyssale de mon directeur et la médiocrité de son école, mais aussi (pour une fois dans ma vie) pour me projeter en me disant qu’à 50 ans, il me faudra une place plus tranquille et bien mieux payée. Société merdique gérée par des cons dans laquelle il faut être épanoui ! Amusez-vous bien au royaume de la médiocrité. Peu après ce coup de fil révélateur, mon patron abruti venait me montrer sur son nouveau Smartphone (voulez-vous mon ancien me demande-t-il ?) la photo de sa nouvelle bagnole qu’il veut faire concourir sur des rallyes avec sa caution écologiste. Et je n’ai nul endroit où vomir… (Quelques jours plus tard, je fus reçu une seconde fois et elle ne me prit pas pour les mêmes raisons. Je ne corresponds pas à son équipe de vieilleries. Intéressante et nouvelle perspective du monde du travail national-socialiste.)

2 juin.

Curieuse météo depuis une semaine. Il pleut (d’ailleurs, certaines villes baignent sous les inondations), parfois trois jours de suite et sans interruption. Pas un rayon de soleil aperçu depuis 10 jours. Ça fait presque du bien de voir le décor extérieur correspondre aux états d’âme du salarié brimé. La vie s’écoule donc dans un travail éreintant et sous un ciel menaçant voire trépidant d’intempéries. Parmi ce chaos climatique, le silence des lectures, et des nuits sans sommeil émergent de grandes envolées de médiocrité puissante. Généralement, et lorsque ce n’est pas au travail, ce sont dans les médias que nous voyions cela. Ici l’inénarrable Éric Dupond-Moretti, l’avocat médiatiquo-rebelle, grand pourfendeur des justes causes et qui défend en ce moment le piètre footballeur Benzema, déclarait hier dans une émission à grande écoute que son client incarnait les banlieues et que ne pas jouer la coupe d’Europe était pour lui un traumatisme (qu’il renvoyait donc par métaphore dans les banlieues). Scandalisé par l’injustice de sa non-sélection en équipe de France la veille de la coupe d’Europe, il apparaît avec sa tête de chien battu défendant bec et ongles les puissants. (Benzema a eu des démêlés avec la justice concernant un chantage qu’il aurait fait sur une vidéo de Valbuena immortalisant son délit d’adultère). L’affaire étant en cours, il n’a pu faire partie du groupe sélectionné car le joueur de football actuel, selon nos classes influentes, doit être médiatiquement exemplaire !

La polémique déborde à présent sur le racisme grâce à la déclaration du philosophe Eric Cantonat, ancien footballeur violent, à présent artiste peintre et acteur de cinéma (le plus mauvais de tous les temps avec Laëtitia Casta et Nicolas Duvauchel) le postmoderne total (qui appelait à l’accueil des migrants dans son manoir et à la population d’en faire autant dans leur HLM !) accusait Didier Deschamps de ne pas l’avoir sélectionné à cause de son origine ethnique (lui qui officie depuis 3 ans avec des footballeurs dont les couleurs de peau oscillent entre le blanc et le noir mais surtout le noir !). Et notre ami l’avocat d'en rajouter une couche en défendant son client, proclamant qu’il représentait la banlieue française.

Comment peut-on interpréter la phrase de ce piètre avocat : « Benzema incarne la banlieue française. » ?

-  La banlieue française est composée uniquement de français d’origine algérienne ?

-  La banlieue française est composée uniquement de joueurs de football ? Ou d’amateurs de football ?

- La banlieue française est composée d’anciens voyous ayant finalement réussi dans le football et dont Benzema est le symbole?

-  La banlieue française est composée de multimillionnaires qui jouent au football ?

- Ou encore, dernière interprétation, la banlieue française est composée de footballeurs d’origine algérienne multimillionnaires ?

Nous n’aurons jamais de réponse.

14 juin.

Toujours irrité et sceptique lorsque mon crétin de patron (lui-même précoce, jusque dans la connerie et l’inhumanité) justifie tout (y compris les problèmes de comportements, les agitations, les insultes, etc.) au nom de la précocité intellectuelle du tiers de notre effectif lycéen, je recherchais en vain les Q.I. des différents tyrans sanguinaires sans rien découvrir de vraiment probant. Puis, en lisant le très bon Hanns et Rudolf de Thomas Harding qui relate dans un portrait croisé les destins de Rudolf Höss et Hanns Alexander, deux personnages symptomatiques de la dernière guerre, voici ce que j’y lis : « Gustav Gilbert, un juif new-yorkais issu d’une famille d’immigrés autrichiens soumit Rudolf à un test de quotient intellectuel et au test de Rorschach. Il en conclut que Rudolf, comme les autres nazis qu’il avait interrogés, présentait une intelligence supérieure à la moyenne.

Le commandant admit qu’il était de nature solitaire, incapable d’autres choses que d’échanges superficiels avec ses amis ou collègues, et qu’il se sentait mieux lorsqu’il était tout seul. (…) Dans l’ensemble, on a l’impression d’un homme intellectuellement normal mais présentant une apathie schizoïde, une insensibilité et un manque d’empathie qui pourraient difficilement être plus extrêmes chez un psychotique déclaré. »

Très bonne définition du précoce méchant, très bonne analyse qui colle parfaitement à la personnalité du directeur : asocial, paranoïaque et injuste et dont la conversation (la communication, sa bagnole, les actions en bourse…) est tout à fait inintéressante.

Je lis par ailleurs chez Laurent Guyénot une définition du psychopathe renforçant magnifiquement ce que je pense de notre bon crétin directeur d’école : « Le psychopathe est fondamentalement incapable d’empathie et traverse la vie comme un joueur de poker, avec le gain personnel comme seul fin et la tromperie comme moyen. »

Me voilà rassuré sur mes idées, bien que très inquiet à fréquenter ce type infâme durant encore combien d’années ?

28 juin.

J’ai l’impression d’avoir ces temps-ci de moins en moins de choses à dire sur la médiocrité de notre époque. Peut-être parce que nous vivons l’une des périodes les plus noires de notre temps. Avec les attentats de Paris et de Bruxelles, et la menace qui pèse à temps plein, ceux des pays du Moyen Orient et d’Afrique qui sont perpétrés chaque semaine et leurs cortèges de morts, et à moindre échelle, les accidents d’avion non élucidés, les grèves, les revendications sociales, la coupe d’Europe de football, bref, la déprime l’emporte sur l’analyse de la stupidité (et Dieu ce qu’il y aurait à dire, notamment sur les élections qui approchent et la ribambelle de débiles se présentant à la primaire de droite). Restent ces petits actes mesquins que je peux observer durant ma misérable existence. Hier, en faisant mes courses dans le centre commercial multiculturel voire uni-culturel et tout simplement anti-culturel, et en attendant à ma caisse, j’observe un type en béquille doubler tout le monde à la caisse « spécial handicapé » sans s’excuser le moins du monde. J’écoute alors l’un d’eux lui demandant sa carte. Il la montre. Et l’autre de rétorquer : « Moi aussi je suis handicapé ».

Montre ta carte, réprimande alors l’homme à béquille, mais l’autre, plus intelligent, moins crétin refuse de la sortir. Les deux types s’engueulent sans que la caissière n’intervienne. A peine passé et râlant encore, une femme double le monsieur en sortant sa carte d’handicapée. Rebelote, sauf que là, le type prouve qu’il est handicapé en sortant le précieux document. La femme lui passe sous le nez quand même. Une jeune femme, non handicapée sûrement, observe tout le monde la doubler ainsi ! Moi qui ai du m’en fabriquer une fausse juste pour la montrer aux êtres ignobles qui me refusent l’accès aux toilettes dans les bars à cause de ma maladie et qui n’ai pu en obtenir une de la MDPH, regarde avec pitié ces handicapés officiels qui sont en pleine santé verbale (et physique) quand il s’agit de doubler son prochain tout aussi handicapé, sans la moindre compassion pour le handicape adverse. Ces caisses inventées par le système faussement compassionnelle parce que les caisses normales étaient sans pitié vis-à-vis des handicapés (!) montrent à quel point les minorités quelles qu’elles soient (surtout lorsqu’elles n’ont jamais eu d’éducation) veulent être majoritaires et prendre le pouvoir quand le système (souvent stupide et informe) le leur permet ! Et c’était assez comique de voir ces guignols handicapés, le revendiquer en sortant leur carte (alors que la morale du système insiste sur le fait qu’il n’y a pas de handicap, qu’on est tous pareil, etc.) et se marcher sur les pieds, quand ils en ont, pour gagner quelques minutes précieuses. Ils se seraient tirés dessus pour ne pas rester l’un derrière l’autre et gagner leur soupe du soir le plus tôt possible. Bref, dépité, je me tire de cet endroit maléfique, musique à fond sur les oreilles quand sur le trottoir, un type me rejoint en courant en me tapant sur l’épaule. Il me tend deux paquets de gâteaux qui étaient tombés de ma carriole et que je n’avais ni vus ni entendus. L’humanité n’était pas entièrement perdue !

6 juillet.

Quand le réel vient massacrer la communication.

L’injustice de ma condition sociale consiste à faire un travail difficile de CPE dans un établissement privé totalement indépendant financièrement, donc dépendant des inscriptions des élèves qui payent entre 6000 et 10000 euros l’année, en fonction des trois niveaux de classe et être payé une misère par le grand Satan qui dirige (très mal) tout ça. Le directeur, être manipulateur, mégalomane, injuste, vénal et autoritaire, blasé des questions pédagogiques traditionnelles (sauf quand les parents se plaignent et puisqu’il faut bien remplir l’école), s’enferme dans une communication à outrance basée sur le modèle américain et la révolution numérique (le site Internet de l’école est une mascarade propagandiste digne des pires clips soviétiques des années 80 sur l’éducation, adaptée à la sauce américaine ringarde d’aujourd’hui ; vous imaginez le mélange !). Plus de manuel ni de cours théorique mais des QCM sur logiciel, des tablettes et des cours en ligne. Nos élèves, médiocres et immatures pour la plupart (beaucoup sont catalogués précoces, mais précoces en pas grand chose !), composent un effectif assez hétérogène où l’ambiance oscille entre une école de sous doués, une colonie de vacances, un hôpital psychiatrique ou encore un bordel organisé. Cette année, après des centaines de milliers d’euros dépensés dans la communication (second budget après le loyer et devant la masse salariale se vante l’ordure qui gère l’école !) visant à promouvoir les classes inversées, les cuirs biologiques, les fêtes de fin d’année, les voyages scolaires, sa nouvelle voiture écologique, la précocité intellectuelle, la révolution des connaissances ; bourrant le crâne à tout le monde et envoyant dans la seconde sur Internet des films de propagande aux musiques lourdingues visant à montrer que notre école est aux avant-gardes de la révolution pédagogique et numérique, les résultats du bac tombent ce 5 juillet 2016, vingt ans après avoir passé mon propre bac, reçu à 10/20 en cravachant comme un chien sur des outils traditionnels : Cahiers de cours, manuels, dissertations sur copies doubles en lycée publique de banlieue parisienne  ! 20 ans plus tard, comme 100 ans plus tôt, l’examen a très peu évolué et ne nécessite que de très peu de changements structurels. Nos élèves doivent encore apprendre par cœur, réfléchir sur les méthodes, problématiser, bachoter sur des manuels, prendre le cours en classe et surtout composer à la main sur des copies doubles au moyen d’un ... stylo ! Ce stylo et ce papier bannis par notre postmoderne ultralibéral de directeur issu de science politique, la traditionnelle police politique de la pensée nationale depuis 40 ans. Résultats :

Sur 7 Terminales L : 5 sont au rattrapage et 2 l’ont obtenu (dont une redoublante).

Sur 25 Terminales ES : 6 n’ont pas le bac, et 6 sont au rattrapage. 13 l’ont du premier coup. Un sur deux en moyenne et encore, le résultat est presque correct !

Sur 24 Terminale S. 12 échouent au premier tour ! et 6 sont au rattrapage, ce qui fait seulement 6 qui l’ont à ce jour !

Une hécatombe qui fait chuter la moyenne nationale ! Et le directeur abruti, incompétent qui recrute en premier lieu des profs plus ou moins mauvais voire très mauvais, de ne jamais remettre en cause sa révolution numérique, ses compétences de directeur et de recruteur !

Et il remettra le couvert en 2017 sur la révolution pédagogique de l’école à 7000 euros l’année quand des lycées publics difficiles et ZEP du 93 (qu’il méprise en premier lieu en les stigmatisant devant nos élèves) doivent nous massacrer sur le plan des résultats ! « Tu es un winner, un super crack, tu es la locomotive du groupe », dit-il souvent à nos élèves qui échouent au premier tour ! Effectivement, et notre bien aimé directeur nommé ce jour 1er super crack des pires résultats nationaux !

Et je lis ce matin sur le mail de l’école que 135 tablettes Samsung sont commandées pour permettre à nos bambins de continuer à bien travailler l’an prochain ! Budget annoncé : 70000 euros.

Au final et après les rattrapages où en général on donne le bac, 7 sur 25 échouent en TES, 13 sur 24 en TS et 1 sur 7 en TL. Ce qui donne 86% de réussite en TL, 75% en TES et 46% en TS ! Résultats qu’il a déjà trafiqués sur son site en mettant 92% pour les L, 84% pour les TES et… silence pour les TS dont il ne sait comment s’en sortir ! Inscrivant les plus nuls en candidats libres pour ne pas enfreindre les potentiels bons résultats de fin d’année, il compte les admis dans son taux de réussite mais surtout pas les non-admis !

En septembre 2016, persuadé que notre école (parce que trop connue sur Internet grâce à ses clips foireux, sa propagande mensongère et sa pseudo-révolution pédagogique) a été ostracisée par le rectorat avec des correcteurs véreux, il décide de récupérer les mauvaises copies des élèves émiminés afin de les faire corriger par nos profs de mathématiques et physiques. « Vous verrez que nous sommes victimes d’une conspiration visant à faire fermer notre école car nous portons des valeurs pédagogiques qu’ils rejettent » déclame notre grand chef qui s’auto-définit par rapport au système (qu’il représente pourtant si bien) comme un « résistant vertueux » ! Il communique aux parents déçus (d’être également les progéniteurs de tels nuls !) qu’il va porter plainte contre le rectorat ! Rien que ça… Le temps que la Maison des Examens nous fasse deux photocopies contre quelques euros, et nous voilà fin novembre avec les devoirs de nos élèves. Notre nouveau prof de maths, type implacable et sans état d’âme conspirationniste, commence sa correction et devant les 2, 3 ou 4 / 20 de nos élèves leur met entre 1 et 2 points de moins !! Les correcteurs du bac, non seulement n’ont pas saqué nos élèves, mais leur ont gratifié de quelques points non mérités ! Encore une fois, notre vaillant combattant paranoïaque et pitoyable voit sa théorie s’effondrer ; ce qui n’a pas l’air de l’affecter outre mesure (« Je préfère ça à ce qu’on assassine mon école », dit certainement la pire crapulle infecte que j’ai rencontrée jusqu’ici.). Oui, nos élèves sont nuls et ton recrutement de profs laisse parfois à désirer. Ayant toujours maintenu cette thèse qui se vérifie aujourd’hui, je n’ai pas eu droit à des excuses du grand cinglé et encore moins nos parents dépités ! (29/11/2016)

7 juillet.

Je rappelle la directrice du cours Morvan situé à Saint-Lazare pour anticiper mon recrutement sur le poste de CPE pour 2018. Rencontré en mars dernier, cette dernière m’avait dit qu’elle me prenait, qu’à la lecture de mon CV et qu’au travers de cette rencontre, elle sentait très bien les choses, que j’étais l’homme de la situation. Elle me fit visiter l’école, me fit présenter à toute l’équipe et me laissa voir la fiche de poste avec la CPE actuelle. Bref, je rappelle ce jour pour voir quand et comment les choses vont s’organiser dans un an, mais elle ne souvenait plus de moi.

- Vous ai-je déjà vu ? S’est-on rencontré ?

- Oui, on s’est vu plus d’une heure, vous m’avez présenté à toute l’équipe en vous excusant de me faire venir deux ans avant le recrutement. Vous m’aviez dit que vous ne chercheriez plus, et que si j’étais toujours intéressé d’ici là, le poste était pour moi.

- Ah-bon, tiens, ah oui, peut-être, je vais vous passer la CPE. Au revoir.

Y a-t-il monde pire que celui du travail, de ces relations infectes qui débouchent sur l’unique but d’avoir un salaire et de vivre décemment ? Je me le demande. A l’heure où notre bien aimé directeur précoce va licencier à tout va au vu des résultats calamiteux de nos élèves (qu’il faudrait licencier pour manque de travail !), le monde du travail honteux triomphe et semble triompher à jamais.

13 juillet.

La bêtise des mots, le choc des photos.

En feuilletant d’anciens Paris-Match que ma mère me ramène de temps en temps, je tombe sur ce reportage. Force des mots, choc des photos ? Ici on a droit à l’inverse. J’y mets le commentaire du journaliste : « Sur leurs lits de souffrance, les gestes des blessés proclament « Vous ne nous aurez pas. ».». Ou encore : « Des deux mains X.L. fait, lui, le V de la victoire. Si heureux de voir son fils, Youri, qui publiera cette photo sur les réseaux sociaux, accompagné d’un message : « Je suis l’humanité contre l’horreur, la débilité et l’ignominie. Je suis l’humanité pour l’amour. » ».