2015

23 juin.

Des nouvelles du front ; c’est-à-dire du travail, dans sa vision inhumaine, futile et vaine. Il y a un mois, mon patron (sorte de grotesque moliéresque qui vire à tout va, qui éructe sur tout ce qui bouge et qui ne geint que sur sa pauvre condition de fortuné payant l’impôt sur les grandes) arrivait mourant dans mon bureau me prévenant que ses derniers instants étaient imminents et qu’il fallait préparer la relève ; et le voilà un mois plus tard, refusant la vente de la boîte et achetant un appartement à côté avec une nouvelle assurance maladie histoire de protéger ses proches le jour où la mort viendrait l’attraper. Finies les propositions de direction qui, si je les avais acceptées, auraient d’un coup disparu ! Et celui-ci de se projeter dans le futur voulant faire de notre école (en fait une école banale dirigée par un cinglé, aux locaux quelconques, en sous effectif sous payé, avec des élèves souvent banals) une institution internationale ! « Il faut faire 30% de mieux que tous nos concurrents et ce dans tous les compartiments pour survivre.», nous dit celui qui nous paye 30% de moins que l’école publique ! Et de ce gouffre professionnel jaillit une misérable vie sociale ; avec des élèves insignifiants et des collègues inexistants. De ce monde abyssal, il faut s’y échapper, à tout prix ; et tel un Calaferte coincé dans le monde scolaire, je m’enferme dans les toilettes de l’établissement pour m’imprégner de l’une des rares choses qui vous sauvent du néant : la littérature. Et ne plus voir la bêtise humaine ravager chaque jour ma vie d’employé médiocre. En ce moment, c’est Le Lièvre de Patagonie de Lanzmann qui me permet d’oublier l’absence des femmes et la présence des lourdingues de ce monde informe basé sur cet équilibre incertain qui fait silence avec la mort. En 1943 il se battait contre la Gestapo, fréquentait Sartre et se tapait De Beauvoir. En 2015, je me bats contre le vent, fréquente des fantômes et me tape la cloche !

27 juin.

La culture est morte et enterrée dans ce pays depuis 30 ans. Mais les faits, eux, continuent à lui mettre le clou et l’enfoncer encore bien profond dans la terre. Fleur Pellerin, exemple symptomatique de l’affairiste inculte au poste de la Culture, décore des Arts et des Lettres deux chanteuses insignifiantes (le groupe Brigitte) pendant que Richet propose un « remake » du film de Berri : Un moment d’égarement (1977). Pourquoi celui-ci et pas un autre, on ne sait pas ? Toujours est-il qu’on se demande comment Cluzet a pu accepter de refaire la même chose qu’il y a 40 ans avec deux nunuches insupportables, bien loin du jeu et du côté charnel d’Agnès Soral qui bien qu’elle ne fut pas fatale, entraînait le désir chez Marielle.  Aujourd’hui, on prend deux poufiasses pour allumer Vincent Cassel, on refait presque la même scénario et le budget est accepté ![1]

 

[1] . Je vois le film en octobre. Même si le remake n’a évidemment pas lieu d’être, le talent de Richet, le scénario remanié et l’interprétation de tous les interprètes le sauvent du naufrage ; en montrant notamment comment les deux générations de pères et filles ont évolué depuis 1977. Cluzet curieusement campe un personnage caricatural quand Cassel joue assez bien la position délicate du père fautif. Les deux actrices assument bien leur rôle de petites connes prises au piège de la réalité des corps et des sentiments.

11 juillet

Il y a quelques jours, Taubira, cette espèce de ministre incompétente et bêtasse, proposait la semaine de 32h ! Elle disait peut-être la seule bonne idée de sa carrière pour des raisons évidemment contraires à ce qui me plait dans cette éventuelle mesure. Dans sa tête régnait la proie du temps pour consommer (Spectacles, supermarché, voyages, sorties culturelles ou autres inepties festives). Mais dans la mienne, celle de la libération progressive du travail aliénant et stupide. La semaine de 32 heures, la semaine de 32h, y passera-t-on un jour ? Allez Taubira, bats toi pour la seule mesure digne de ton existence !

20 juillet.

14 è ouverture de Paris-Plage. Avec, nous dit la mairie de Paris en la personne de la sinistre Hidalgo : « Plus de ludique et de festif autour de cette nouvelle édition. ».

Un ingénieur collabo s’auto-félicite : « On a installé des coins lectures de BD pour les enfants et une application pour envoyer des cartes postales virtuelles partout dans le monde. » Comme si les bibliothèques et les courriels étaient d’un coup abolis et que Paris Plage créait ces inventions !

Deux pensées m’assaillent (comme les tonnes de sables importés pour l’occasion). Philippe Muray est mort et ne peut donc plus écrire sur le carnage idéologiquo-festif de notre époque (des parisiens interrogés remercient le ciel d’avoir mis une plage en bas de leur logement, Porte de la Villette). Enfin, que nous sommes seulement à la quatorzième édition et qu’il reste des siècles et des siècles d’éditions à venir… Sauf si à l’instar du Pont des Arts s’écroulant sous les cadenas, Paris-Plage ne remplit plus son contrât festif en s’autodétruisant !

2 août.

Si l’égalité entre homme et femme ainsi que la parité étaient réellement respectées (telle que Caroline Forest le conçoit et qui a réalisé un véritable clip de propagande qui est diffusé sur LCP et qui explique à quel point les femmes sont exploitées, rabaissées, dénigrées, écartées dans nos sociétés machistes et patriarcales… !), les tournois de tennis seraient mixtes et l’on pourrait rencontrer une adversaire féminine. Or la coutume (que je ne respecte jamais occasionnant des discussions puériles et vaines sur le tennis amateur) est d’inviter le perdant après la partie. Aujourd’hui, au tournoi de Drancy, alors que j’infligeais un sérieux 6/4 6/3 à un bon 15.5, deux filles firent irruption sur le terrain d’à côté. Une qui ressemblait sous sa casquette à C.L. (au point que j’allais vérifier son nom sur le tableau) et une autre, plus jeune et plus belle, qui semblait plus à l’aise sur le court. Difficile de rester dans son match quand on a deux femmes en short et t-shirt qui courent après une balle avec leurs seins qui ballottent à chaque faute directe et ce sous 30 degrés. Et bien si Caroline Fourest enquêtait un peu dans le monde du tennis, j’honorerais la coutume (de même que je les forcerais à l’honorer en cas de défaite) et je pourrai prendre des pots avec tout un tas de nanas qui arpentent les tournois de la région ! Mais non, l’égalité n’est jamais respectée et me voilà à ne pas inviter mon adversaire, qui du reste ne m’a pas dit un mot du match, et de rentrer chez moi en laissant nos deux joueuses sur leur terrain. Au boulot Caroline ; les femmes sont rabaissées en ne jouant pas contre nous les méchants garçons !

 

4 août.

En 2015, le smiley a définitivement remplacé le point d’exclamation. Quand je veux faire de l’humour ou de l’ironie et que j’utilise le point d’exclamation, une personne sur deux ne comprend pas l’humour et me répond violemment.(En l'occurence, la juge arbitre du tournoi où je me fais sortir 6/1 6/0 et à qui ironiquement je hurlais au trucage des tableaux!) Il faut que je leur explique la nature et la fonction du point d’exclamation dans une phrase; et à cette dernière de s'excuser en utilisant le smiley. Belle époque branchée ! Bel exemple de l'abandon de la grammaire au profit de l'émoticône. De l'orthographe au profit du symbôle. De la langue au profit de l'image. Du français au profit de l'anglais.

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6 août.

C’est souvent en plein mois d’août que les réformes les plus sournoises paraissent pendant qu’on trempe les pieds dans l’eau. Pour désengorger les prisons, la Taubira n’a rien trouvé de mieux que de retirer toute peine ferme aux conducteurs roulant sans permis. Et bingo, le lendemain de l’annonce,  quatorze jeunes de 14 à 17 ans s’entassaient dans une fourgonnette volée à l’un des parents pour aller s’éclater en boite. Le conducteur, ayant peut-être écouté la veille dans les médias qu’il ne risquait plus rien qu’une méchante amende que papa ou maman paieraient pour lui, fêta cela en s’imbibant d’alcool, puis prit le volant et s’engouffra dans un fossé. Résultat, ils se sont finalement éclatés, au sens propre du terme: quatre morts mineurs et un conducteur sain et sauf qui j’espère ne paiera qu’une modique amande et surtout n'engorgera pas les prisons de sa présence de tueur routier! Taubira décevante après sa semaine des 32 heures...

21 août.

Hier soir, un dégénéré mental imbibé de religion islamique a voulu massacrer une voiture entière (si ce n’est le train entier) du Thalys en provenance d’Amsterdam. Il est monté à Bruxelles avec un arsenal de guerre puis s’est enfermé un moment dans les toilettes pour préparer sa mission avant d’être suspecté par un type qui a donné l’alerte. Par chance extrême, deux militaires américains faisaient partie du convoi et ont immobilisé l’homme après qu’un premier homme (un américain !) l’a surpris et a pris une balle dans le dos en lui subtilisant sa mitraillette. (Le terroriste lui ayant tiré dessus comme un lâche avec un flingue alors que l’autre s’enfuyait pour éloigner l’arme d’assaut.)

Quelques conclusion s’imposent mais tout d’abord une question : Est-ce Dieu ou le hasard qui a empêché un massacre assuré ?

Depuis que je prends le train, je suis estomaqué de voir qu’il n’y a strictement aucun contrôle dans les trains concernant les bagages et encore moins de sécurité à l’intérieur. Je suis très surpris que ça n’arrive que maintenant tant il semble des plus faciles de faire exploser n’importe quel train, à n’importe quel moment en France. Nous nageons en plein délire des politiques laxistes françaises (et européennes) qui imposent un contrôle délirant aux aéroports pour n’en proposer aucun dans les gares ! Déjà la SNCF, organe putride, festif et libéral, rejette sa responsabilité en précisant que ça pourrait arriver n’importe où !

Moi qui suis très observateur et méfiant, si j’avais vu ce type, je l’aurais peut-être signalé au contrôleur mais en aucun cas je n’aurais pu faire preuve de courage devant un malade muni d’une kalachnikov. Je me serai liquéfié et aurait prié Dieu pour rester en vie. Les français sont généralement distraits et passifs ; et ce n’est pas étonnant que ce soit trois américains (certes et heureusement sur-entrainés) qui ont sauvé ces centaines de vies humaines. Jean-Hugues Anglade qui était assis dans la voiture suivante a dénoncé l’équipe de la SNCF qui devant la panique s’est enfermée dans une soute en bloquant l’ouverture ! Bel esprit. Lui se répand dans les médias pour balancer l’équipe du train quand la SNCF dément les propos de l’acteur !

Enfin, la France récolte les fruits de sa politique absolument inquiétante en matière d’immigration et de tolérance religieuse depuis 30 ans avec une accélération ces dix dernières années. On apprend que le type était fiché par les renseignements espagnols (voyage en Syrie, fréquentation des islamistes radicaux, etc.), qu’il se baladait en Europe depuis 2014 (Espagne, France, Allemagne, Belgique) sans le moindre souci et le voilà à deux doigts de flinguer tout le monde. Le non-contrôle aux frontières donne cela ; la tolérance dans nos pays occidentaux de voir ces types se radicaliser et de l’accepter sans bouger le petit doigt doivent bien faire rire les islamistes qui ont quasi carte blanche ! « Allez-y les gars, pratiquez votre religion au nom des droits de l’homme qu’on adore depuis 1789, faites vos voyages en Afrique et revenez nous voir, aucun souci, on est bien trop cons pour vous faire quelques remarques

Comment accepter sur notre sol un type dont on sait qu’il fréquente des islamistes radicaux et qui fait sa formation en Syrie ? Ce pays et sa politique démagogique et posthistorique me débectent. Et il en va de la sécurité des civils (qui certes votent pour ces cons, mais ce n’est pas une raison pour se prendre une balle dans la tête). Qu’attend-on pour intervenir ? D’être massacré à hauteur de combien de victimes ?

25 août.

Le système politique consiste à ce que les gens ne se rencontrent sous aucun prétexte. Après les caisses électroniques autonomes dans les supermarchés, les machines à tickets à la RATP (il n’y a plus de vendeurs dorénavant, les agents de cette satanique entreprise ne font que renseigner les gens, c’est-à-dire, consultent 6h sur 7 leur portable tant il n’y a rien à faire dans leur cage à souris), l’achat de billet en ligne pour la SNCF, les bornes tactiles des fast-food,  c’est maintenant les bibliothèques de Paris qui s’y mettent. La médiathèque Françoise Sagan qui a ouvert ses portes en mai 2015 est équipée de bornes pour emprunter et rendre les documents. Alors que les employés sont voyants et dans chaque espace, l’adhérant peut entrer, ne saluer personne, prendre son livre, le biper seul (et donc faire le travail de l’employé), partir, le lire, revenir, le biper et le poser sur une étagère et se tirer sans avoir le moins du monde adresser un regard à son semblable et réciproquement. Et une fois dans le métro, être dézingué par toutes ces femmes monstrueuses de beauté charnelle qui l’ignorent à leur tour ! Construction d’un nouveau monde auto ignorant !

26 août.

Le terroriste du Thalys était donc fiché aux renseignements généraux et s’est baladé entre l’Espagne et la France (on était presque voisin en 2014) tout en se faisant embaucher alors qu’il n’avait pas de papier, et cela en toute impunité. Tout ce qui compose ce fou dangereux est le produit de l’incompétence des services de renseignement, incapables de surveiller un malade, et de notre politique intérieure depuis 20 ans en favorisant l’implantation de religieux sanguinaires dans nos sociétés qui les logent, les font bosser et se déplacer sans aucune espèce de contrôle avec l’ouverture des frontières.

Les médias, collaborateurs du pouvoir en place, ne mettent l’accent que sur les héros (décorés par l’incapable Hollande de la légion d’honneur) en scandant le discours d’impuissance qu’ils sont un exemple à imiter en cas de nouvelle attaque terroriste ; plutôt que de se remettre en cause d’être à ce point si mauvais et lâches devant de tels risques de massacres en pays démocratique. Autrement dit, n’hésitez pas à faire comme eux la prochaine fois, car nous politiques, sociétés d’état, flics, militaires, et ben on ne peut rien faire !

 

29 août.

J’ai lu dans l’ordre chronologique l’œuvre concentrationnaire de Jorge Semprun, de quoi occuper mon été : L’Evanouissement (1963), Quel beau dimanche (1980), L’Ecriture ou la vie (1994), Le Mort qu’il faut (2001), Si la vie continue (2005). Résistant communiste dans le maquis, Semprun s’est fait arrêter en 1944 et a passé plus d’un an au camp de Buchenwald. A son retour, il refuse d’en parler, ne témoigne pas et continue sa vie militante dans la clandestinité. En 1963, il décide de relater dans un roman le voyage en train qui l’a amené au camp de concentration tout en revenant sur son passé de résistant et son arrestation. En 1980, dans Quel beau dimanche (Telle est l’expression, leitmotive du livre, d’un détenu qui durant un court apaisement lance cette phrase à ses amis prisonniers), Semprun, au travers de digressions permanentes, évoque ses amis de camp qu’il revoit par la suite, son parcours politique et sa propre biographie avec pour décor de fond permanent, l’obsession de son statut de déporté. En refusant le témoignage et en voulant s’inscrire dans une réflexion artistique sur l’internement dans des camps allemands, Semprun évoque sans raconter, relate sans décrire, invente sans se confier,et s’inscrit dans une œuvre à défaut de s’y inclure en tant que sujet. Quel beau dimanche est l’œuvre la plus aboutie, à coup sûr (le récit se prêtant à l’exercice de vérité). Dans les trois derniers, l’homme vieillissant reprend la même tournure que dans Quel beau dimanche mais avec moins de distance. Le camp et l’impact des souffrances sont davantage marqués (surtout dans les deux derniers). Bref, l’écrivain refuse pendant vingt ans de parler de sa condition de déporté pour en faire une œuvre assez gigantesque durant les trente années suivantes tout en refusant le témoignage direct. Qu’y apprend-t-on au-delà de l’expérience de Semprun et du style de l’écrivain ? Qu’il y avait des temps de repos (il travaillait de nuit comme aujourd’hui dans le monde de l’entreprise) et pour certains prisonniers des jours de récupération ! Qu’il existait une bibliothèque bien fournie (3000 volumes) où Semprun lit Platon Heine, Faulkner, Husserl, ainsi qu’un cinéma où les SS projetaient des films pour les prisonniers. Trois détails qui paraissent surprenants dans un camp où des milliers de personnes étaient gazés et cramés dans des fours. Quant à Semprun, c’est à coup sûr un mémorialiste assez convaincant et bien loin des clichés que les programmes scolaires m’ont fait avaler à la sortie de L’Ecriture ou la vie lorsque j’étais au lycée.  

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6 septembre.

Je suis migrant.

Depuis quelques mois, les médias nous informent qu’ils arrivent en Europe (surtout de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, d’Erythrée) en bateau. Beaucoup se noient en route, ou on en retrouve dans des charniers. Ils sont réfugiés politiques nous dit-on, fuyant la guerre. Doit-on les accueillir ? Telle est la question. La gauche valsienne, humaniste devant l’absolu dit oui. D’autres, à droite, sont plus sceptiques, craignent un véritable problème socio-économique. Il n’empêche que le média est de gauche valsienne et s’empare (dans ses sujets) du bobobeauf qui est prêt à coucher dehors pour laisser son appartement au migrant (Eric Cantona en est l’exemple sympto-tragique !). Celui qui ne donne pas un kopeck au mendiant qui crèche devant sa bouche d’égout est prêt à se sacrifier pour que le migrant ait un toit, apprenne le français, puis travaille dans le pays. A voir donc…

Hier est parue la photo indigne d’un enfant mort sur une plage de Turquie. On compare déjà ce cliché avec ceux qui ont fait l’histoire (Vietnam, Tian'anmen, etc.). Or le gosse est mort à cause d’un père inconscient qui a laissé son fils prendre un bateau surchargé et peu équipé. Et à la gauche mélanchonienne d’organiser Place de la Bastille un grand rassemblement pour accueillir les milliers de migrants en France (où les problèmes d’intégration ne posent aucun souci, où il n’y a pas de chômage, de déficit budgétaire, de crise socio-culturelle et religieuse, etc.). Le migrant fuit son pays donc il a raison ; il s’impose donc on l’accepte, il est socialement complexe de l’intégrer mais il vient quand même ! Et les politiques, seuls responsables de la déroute africaine depuis 40 ans, encouragent l’arrivée de cette population étrangère, souvent pauvre, illettrée, inadaptée, ne parlant pas la langue et pratiquant l’islam. Pire, l’Allemagne se dit prête à accueillir 800000 réfugiés (le terme a soudain changé).

A la gare de Munich, des centaines d’allemands étaient venus accueillir des migrants avec des ballons de baudruche, des pancartes « Welcome » et des applaudissements ! Le discours du maire relayant la bienvenue à tout ce petit beau monde. En France les bobos multimillionnaires (M. Lavoine, I. Adjani, A. Luzt, F. Berléand en tête) appelaient à la générosité pour qu’on accueille à notre tour tous les migrants ! Monde festif et grotesque où le discours humaniste n’est plus celui de Montaigne mais de Mimi Mathie (Coluche prend même un sacré coup de vieux et que dire de Daniel Balavoine dont la porté de l’engagement était bien plus profonde?) Seul Juppé appelait à la raison en précisant que réfugiés politiques et économiques étaient à distinguer et que pour ces derniers l’accueil n’était pas possible. Mais il y a cette photo et l’artiste bien-pensant pleurniche (alors que l’on ne l’a pas entendu depuis des mois, et encore moins quand on a découvert un charnier de centaines de migrants morts) et appelle à l’augmentation de cette société totalement égarée dans le multiculturalisme, et pire, l’a-culturalisme devant tant de pluralités ethniques et religieuses. [1]

Aylan kurdi

 

[1] . Au final, Hollande décide d’accueillir 24000 réfugiés en deux ans tout en entamant des frappes chirurgicales en Syrie.

14 septembre.

Causeur aurait-il tout compris ? A l’heure où la critique du libéralisme s’adjoint à celle de la gauche progressiste, et où l’élitisme doit être défendu contre le tout multiculturel, et bien ce journal rend un petit hommage à Duran Duran et A-ha en évitant les clichés et le foutage de gueule gratuit. C’est si rare que je le mets parmi ces lignes !

Duran Duran et A-ha

Les diamants sont éternels

Publié le 05 septembre 2015 à 16:00 dans Culture

 

Le dernier Libertines, le nouveau New Order, albums de la rentrée ? Non point. Sans doute pour Les Inrocks et consorts, mais pas pour les oreilles vivantes, incorruptibles, insoumises et affranchies de la hype suprême. Le renversement des valeurs ne peut inverser le cours naturel des choses (et la courbe du chômage), cela se vérifie aussi en musique. « Il y avait des choses qui me hérissaient profondément autrefois comme Queen ou Duran Duran. Bizarrement, j’aime les réentendre aujourd’hui, ça m’amuse. Je dirais même que ça me touche d’une certaine façon. Oui, je crois que la musique qu’on a détestée vieillit mieux que celle qu’on a aimée », ce n’est pas moi qui le dis, ces propos émanent en effet de notre éminent docteur ès sciences de l’histoire musicale du XXème siècle (et plus), notre Michka Assayas national, dans son Nouveau Dictionnaire du Rock.

Pour ma part, j’ai toujours adoré ces groupes honnis des rock-critics, Queen et Duran Duran, même si le « The Reflex » des derniers m’a toujours ulcéré (pire que « We Will Rock You »). Les réentendre aujourd’hui apporte certainement joie et réconfort pour beaucoup, surtout lorsque du nouveau matériel est annoncé. Pour Queen, c’est mort, mais le retour de Duran Duran se place sous l’égide de Mark Ronson et de Nile Rodgers à la production et à la guitare, avec – parmi les guests – le guitariste historique des Red Hot Chili Peppers : John Frusciante (le riff de « Under the Bridge, c’est lui). Preuve que les Duran Duran ne sont pas infréquentables pour tout le monde, surtout pour le beau monde. La six-cordes floydienne de Frusciante envoûte le titre « What Are the Chances »   dévoilé fin août par le groupe de Simon Le Bon. Le morceau d’ouverture de l’album, « Paper Gods » , sonne ni plus ni moins comme un De profundis nirvanesque que n’auraient pas renié les Beach Boys (le groupe fétiche d’Assayas…). Cette charge de sept minutes contre la tristesse des mœurs modernes, l’argent sale banalisé, l’idiotie urbaine des décideurs, etc. – autant de dieux de papier qui participent à bâtir un monde de papier – exhale une contestation sans doute plus sincère et profonde que celle des rappeurs Rapetout, des blancs-becs cracheurs de décibels ou autres enragés subventionnés. Le titre éponyme de l’album, « Paper Gods », résonne aussi avec les évènements de Charlie Hebdo : dieux de papier contre papier de dieux.

A-ha, autre groupe pop-rock honni des critiques, sort également un nouvel album (les deux formations ont un gros point commun, celui d’avoir eu l’insigne honneur d’enregistrer le générique d’un James Bond). Les adonis norvégiens qui conquirent le monde dans les années 80 avec l’infâme « Take On Me » – pire que « The Reflex » et « We Will Rock You » – ont gagné du galon chez les mélomanes depuis belle lurette, notamment grâce à leur virage roots amorcé à l’aube des années 90 avec East of the Sun, West of the Moon et sa reprise de « Crying in the Rain » (titre popularisé par les Everly Brothers en 1962).

A partir de là, les sculpteurs sur bois de France et de Navarre pouvaient écouter avec la même ferveur A-Ha ou Deep Purple en chantournant leurs statues. Les quinquas de A-ha impriment leur marque plus discrètement aujourd’hui, mais jouent encore et toujours sur du velours, comme l’atteste leur nouveau single, « Under the Make-Up ».

Chapeau bas, les artistes, pour ces deux albums ! Vraiment, je vous le dis au nom de ceux qui n’ont jamais cru en vous : tout est pardonné ! Laissons la conclusion à Simon Le Bon : « Les gens découvrent vraiment à quel point ils aiment Duran Duran après une demi-bouteille de whisky ». Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Paper Gods, de Duran Duran (Warner), Cast in Steel, de A-Ha (Universal). C. Bataille.

Il est vrai que Bataille est l’auteur d’une biographie sur les Duran Duran d’où l’aspect peu neutre de son papier !

 

19 septembre.

Quelques jours après les ballons, les cotillons et la démagogie, l’Allemagne s’inquiète du trop de migrants venant aux portes du pays et impose aux voisins d’accueillir les mêmes personnes que deux semaines plus tôt, ils prenaient en charge avec cœur et compassion ! La loi du marché, la plus cynique, celle qui gouverne tout entrepreneur, celle invisible et dont on ne parle jamais, a le contrôle sur la main d’œuvre pas chère et exploitable en s’arrêtant sur un nombre prédéfini. Et les politiques collabo de reprendre le flambeau en refermant les frontières aux endroits délicats. Ce monde est à se foutre une balle. D’un côté les pseudo sauveurs tolérants qui ne comprennent rien à la dialectique et font de la politique compassionnelle et de l’autre, les nazis de la marchandisation des biens et des personnes qui contrôlent la main d’œuvre et le système économique.

21 septembre.

Quelques jours après qu’il m’a refusé ma demande d’augmentation (légitime sur le poste, le statut, les responsabilités, l’investissement qu’il me paye très bas) en me baragouinant ses mensonges éhontés (son budget, la charge salariale, les charges patronales, etc.), l’être qui dirige cette entreprise maléfique se gaussait auprès de ceux qui font profil bas du nouvel achat qu’il venait de faire en montrant la photo de la bagnole qu’il venait de s’offrir lors de son week-end à Monaco. Le monde de l’entreprise n’est pas autre chose que cela car il développe en pire toutes les passions impurs de l’être : Mensonges, enrichissement personnel, volonté symbolique de domination, mépris de son prochain, de la vérité et permanente manipulation mentale. Un beau monde de cinglés dans lequel la gauche veut nous faire travailler 35h par semaine, et la droite 39.

26 septembre.

Sur les informations régionales de France 3, l’une des jurys lycéens de première L du prix Goncourt des lycéens est interviewée en compagnie de l’équipe enseignante d’un village paumé de France. Le discours journalistique accompagnant le sujet est évidemment complaisant sur l’intérêt de leur mission : Lire la littérature contemporaine française au lieu des vieux classiques scolaires barbants, adopter la posture de critique littéraire, lire 14 romans en trois mois, etc. Que c’est bien pour nos petits élèves de développer leur esprit critique, esprit qui va permettre à plusieurs romans de se vendre davantage à la suite du prix. On interroge donc une élève de première L faisant partie du jury : « Parfois on tombe sur des romans très spécials. » dit-elle très tranquillement sans que la censure grammaticale vienne trancher son intervention ou que le journaliste corrige son erreur. On a la littérature qu’on mérite (abyssale en cette rentrée 2015) parce qu’on a la critique littéraire qui y correspond ! Infantile, inculte et médiocre.

4 octobre.

L’indécence est largement représentée par la télévision. Définie comme une « boite à cons » par les anarchistes des années 70, elle est aujourd’hui le symbole de la bien-pensance, la  bêtise et l’inculture généralisées. Des animateurs, surtout, ceux omniprésents, sont responsables de l’état de bassesse des programmes mais surtout du pouvoir de la pensée absconse de cette société. Un homme, un symbole, Laurent Ruquier, fait froid dans le dos. Ancien comique ringard pour Jacques Martin (et typiquement dans sa filiation de beauf friqué pas drôle), puis animateur d’émissions pour la demeurée de plus de 45 ans avec « On a tout essayé », organe, déjà de la pensée unique, le voilà qui dirige « On n’est pas couché » depuis quelques années déjà. S’étant entouré au départ d’Eric Zemmour (sensé représenté la droite) et d’Eric Naulleau (la gauche), le couple de critiques menait la barque avec intelligence et culture face à des gens du showbiz, des politiques ou des intellectuels. Peu langue de bois et parfois même très critiques, il les évinça au profit de Natacha Pologny (droite bourgeoise) et Audrey Pulvarr (gauche féministe) avant de remplacer cette dernière par Eymeric Caron (gauche bobo) puis de virer Pologny pour Léa Salamé (gauche bobo féministe). Aujourd’hui, Moix (gauche bobo-intello) remplace Caron. On est donc passé d’un duo critique droite antilibérale (Zemmour) et gauche antilibérale (Naulleau) à deux représentants indigents de la gauche libéro-démago-bobo. Pour autant Ruquier (qui a renié Zemmour, regrettant d’avoir porté ses idées au grand jour et ne voulant plus le fréquenter !) continue d’inviter des intellectuels sceptiques (Zemmour, Onfrey, Finkelkraut, Houellebecq) mais toujours en toile de fond l’attaque raciste ou réactionnaire de base. Voir ce clown tragique rééquilibrer le débat avec sa morale d’homo coqué de gauche inculte est insupportable ; pire, le voir avec sa collabo Barmann choisir qui inviter et ne pas inviter au nom de leur idéologie socio-libérale montre à quel point le service publique est rongé par ces millionnaires crétins et pusillanimes (Drucker, Ruquier, Bern, Delahousse, Pujadas, Cohen, etc.) directement issu du pouvoir en place. Celui consensuel et abêtissant dont la culture ne dépasse pas Télé 7 jours. Même Moix dont je croyais qu’il allait être expulsé très vite est un suppôt de ces gens au discours moralisateur et compassionnel digne des pires traites de la patrie ! Que c’est usant de voir ce pantin se gausser de ses blagues pitoyables, de ses jeux de mots ringards ou de l’entendre analyser un livre qu’un assistant de 22 ans lui a résumé avant de prendre l’antenne. Dès que l’on évoque la question des migrants, celui qui démontre par A + B que leur accueil relève d’une problématique sociale, religieuse, économique, et anthropologique est taxé de raciste qu’il faut conspuer au profit des gentils bobos qui, tel l’immonde Cantona, prêtent leur appartement ! Léa Salamé, grotesque femme de médias dont l’accent bourgeois s’accommode à puérilité de sa pensée journalistique, est elle aussi le symptôme de l’arriviste aux bons sentiments ignobles ! Et ce sont ces têtes de noeud qui polluent l'espace médiatique en permanence.

10 octobre.

Je travaille dans un lycée laïque en tant que responsable de vie scolaire (CPE dit de manière ingrate l’éducation nationale). La scolarité est chère. L’effectif est donc composé de familles aisées (médecins, ingénieurs, directeurs financiers, avocats, cadre d’entreprise) mais aussi de classes moyennes (fonctionnaires, employés, ouvriers). Du coup les élèves (des bons élèves à ceux qui sont en échec scolaire) représentent assez bien la jeunesse adolescente de ce pays (sans la violence et la misère des quartiers sensibles). Malgré cela, on observe une très grande difficulté à les encadrer. Problème d’éducation, de réflexion, d’intelligence, de repères, et parfois de violence. Le bavardage y est constant, les dégradations matérielles fréquentes, les insolences banales, etc. En l’absence d’un professeur qui me prévient au dernier moment qu’il ne viendra pas, je leur diffuse Jean De Florette de Claude Berri, film atemporel qui déjà à l’âge de 13 ans m’avait profondément marqué. Après l’agitation classique l’installation dans la salle, le film démarre. J’en fait déplacer déjà deux pour bavardage. Quatre arrivent en retard (entre 5 et 10 minutes). Enfin, j’ai le silence et l’intérêt pour les 24 élèves dont aucun n’a vu le film auparavant. Au bout de 50 minutes, une jeune fille me réclame une pause (comme c’est l’usage dans l’école). J’accepte. Ils reviennent tous après 7 minutes de pause. Voyant que le film va déborder sur le cours suivant, je demande au professeur s’il accepte que je finisse le film. Mais la même élève, voyant qu’elle n’aura pas de pause entre le film et le prochain cours, me réclame à nouveau une pause au bout d’1h30 de film. Je suis quelque peu désorienté mais j’accepte de donner la pause mais aussi de permettre à ceux qui veulent finir le film de rester. Sur les 24 élèves, 7 décident de rester. (Grand classique de cette jeunesse inculte et médiocre ; et encore 7 reste un chiffre honorable, je m’attendais à 2 ou 3). 17 élèves préfèrent donc quitter la salle de projection (sur grand écran) pour prendre leur pause, fumer ou bavarder dans la rue, sans s’inquiéter du moins du monde de la fin du film (au moment où Florette construit son puit et perd tout contrôle sur lui-même). Et c’est mon métier depuis presque dix ans…

 

27 octobre.

Il y a 4 jours,  un camion a percuté un autocar transportant une cinquantaine de retraités partie en excursion. Bilan le car s’est embrasé et 43 personnes ont péri dans les flammes. Il n’y avait pas eu d’accident aussi meurtrier depuis 1983. Evidemment, toutes les chaînes carnassières s’empressent de couvrir le drame en se rendant sur les lieux pour offrir les premières images des carcasses calcinées. L’enquête va prendre du temps pour savoir si c’est le chauffeur du camion (31 ans, mort avec son fils de trois ans) ou celui du car (rescapé du choc) qui a commis la faute. Ce mardi, une célébration commémorative est organisée dans une petite ville de Gironde d’où les principales victimes étaient originaires et le gouvernement en grande pompe de s’y rendre (le président avec pas moins de 10 ministres dont le clown tragique Valls qui était hier aux Mureaux pour vendre sa soupe sur les HLM et la force de la jeunesse dans nos quartiers…). Le protocole de la mort impose ce genre de communication morbide ; à moins que ce soit la communication de la mort qui impose ce protocole morbide. Un gouvernement armé de ses médias se rend dans un village pour rendre hommage à des anonymes qui ont péri tragiquement dans un accident de circulation. L’émotion est la reine des arguments ; il n’y en a pas d’autres. Politiquement, socialement, économiquement, sociologiquement, anthropologiquement cet événement n’a aucun intérêt mais on en parle tous les jours à renfort de spécialistes, de communicants, de journalistes, de politiques.  A part le ministre des transports, cette affaire ne concerne que les proches et les victimes. Oui les routes sont dangereuses et les gens conduisent comme des fous. La mort est affaire d’hommes qui se croient immortels. Un routier conduit avec son gosse de trois ans placé à l’avant d’un camion qui trimballe des troncs d’arbres et percute un car dans un virage d’une petite route de Gironde. Là est le problème, il n’y en a pas d’autres. Toute l’année, des gens souffrent d’une politique injuste et barbare mais il n’y a jamais de commémoration pour le suicidé anonyme (comme j’ai eu connaissance à la BNF, un employé de 40 ans s’est balancé d’une des tours le mois dernier). Les marchands de morts viennent acheter des voix en jouant les pleurnicheurs sur la mémoire de papis et mamies anonymes alors que le pays est en perdition. Et on commémore, on commémore.

29 octobre.

L’Enculé.

Marc-Edouard Nabe fut peut-être le premier écrivain contemporain à m’avoir ouvert les yeux sur l’idéologie bien-pensante et le système actuel (que déjà j’exécrais mais sans me préoccuper de ce genre de subversion). Je le découvrais en 2001 avec Une lueur d’espoir où isolé de tous, il expliquait que les attentats islamistes étaient un acte de résistance contre l’Occident impérialiste coupable de crimes de masse sur le peuple arabe. Je feuilletais son Journal, m’y référais souvent bien que ne pouvant le lire intégralement ; sachant pertinemment que c’était une œuvre lacunaire et sans grand talent stylistique. Je dévorais néanmoins Le Régal des vermines (au final sa seule œuvre vraiment percutante), Zigzags, Coup d’épée dans l’eau, L’Age du Christ, puis en 2002 Alain Zannini, en 2003 Printemps de feu, en 2004 J’enfonce le clou. J’étais d’accord somme toute avec ses analyses sur la littérature, la géopolitique (notamment sur la guerre en Irak), les faits divers, son sens de la provocation et du mauvais goût. Je savourais sa verve érotique, comique et littéraire sans apprécier son style, sans âme, sans le talent des écrivains dont il se réclamait en permanence se plaçant dans cette filiation: Céline, Bloy, Powys. A lire ces trois là, on s’apercevait aisément que Nabe était un écrivaillon dont la vraie postérité littéraire ne retiendrait rien que son exclandre à « Apostrophe » en 1985 ! A chaque parution, je le suivais furieusement. Curieusement, il était plus intéressant lors de ses interventions radiophoniques ou télévisuelles qu’à l’écrit (comble pour un écrivain). Puis vint l’autoédition et ma réelle déception pour L’Homme qui arrêta d’écrire. Funeste présage de celui qui ne savait plus écrire en publiant une fable mondaine faussement critique sur une époque qui lui correspondait si bien. L’Enculé, même si la verve était au rendez-vous, n’avez pas plus d’intérêt littéraire, et à 30 ans, mes lectures avaient laissé place à des écrivains contemporains d’une autre dimension : Baudrillard, Muray, Millet, Clair pour ne citer que ces auteurs essentiels. Sauf que Nabe était un fanatique, totalement incohérent (entre catholicisme campagnard et islam intégriste, bonjour le mélange). Dans son journal « La Vérité », il soutenait l’attentat islamiste qui eut lieu dans une boite de nuit à Bali, tuant des dizaines de jeunes, sans aucune espèce de respect pour les victimes.  Et là stupeur, je découvre sur Internet, la vidéo du 7 janvier dernier où dans sa salle de vernissage, il s’extasie du haut de son embonpoint de nouveau mondain parisianiste (aux bras d’une jeune nana aux gros seins et au débit intellectuel d’une loutre) devant la tuerie en se gaussant devant l’annonce des cadavres. Extraits : [Montrant son I-Phone ]: « Vous êtes une femme, regardez, venez voir, les chattes aiment le sang, que toutes les chattes viennent voir le sang qui coule, venez, venez voir. Venez les chattes, il y a du sang. » Puis sur Charb, exécuté le matin même de plusieurs balles dans le corps : « J’ai eu très peur pendant un moment qu’il soit seulement grièvement blessé, alors ça m’aurait fait chier que Wolinski soit mort, parce que j’aimais Wolinski. » Bizarre sentiment de peur malsaine car il ne fut jamais question que Charb fut blessé. Les morts ont été annoncés tous en même temps par les médias. Sur Zemmour : « Zemmour est paranoïaque ; ça fait deux mois qu’il chie dans son froc tous les matins ; sa femme ramasse le crotin. » tout en mimant…

Voilà les analyses du grand écrivain sulfureux le jour même où des terroristes ont exécuté une équipe de caricaturistes. Puis il traite Charb de fumier en se poilant durant une bonne demi-heure alors que le pauvre type a été mis et joue puis exécuté froidement. Voilà ce qu’est devenu Nabe, un écrivain bourré de ressentiments haineux, et frustré de n’avoir jamais été reconnu (à juste titre) comme les maîtres qu’il vénérait. Le voilà qui vend ses toiles à des mondains de la télé (Delarue lui en achetait …) en se prenant pour un dissident et qui sabre le champagne le jour d’une tuerie de dessinateurs en plein Paris. Le Marc-Edouard Nabe qui s’autoédite et qui fait des vernissages est devenu un pion du système (lui qui est venu fayoter dans l’émission de Taddéï pour dénoncer ses anciens potes conspirationistes en clamant qu’un livre de 1000 pages allait sortir (et qu’on attend encore !). Et le voir se gausser comme un veau, content devant un bain de sang de gens massacrés qui ont aussi peu de talent que lui, fait froid dans le dos ; ces gens qui ont été mis en joue par des assassins et qui sont morts comme lui ne mourra jamais. Au royaume des enculés, les borgnes sont rois !

 

Nabe

Nabe se poilant en évoquant le « déchet » Charb le 7 janvier 2015. (capture d’écran)

4 novembre.

Les joies du muticulturalisme et de l’immigration massive. Métro 2 17h30. Un touriste anglais (style rétro-bobo avec sa trottinette) parlant le français avec un accent plutôt comique demande à son voisin comment rejoindre la station Abbesse. L’autre, africain, une toque sur la tête, et la doudoune ouvrière, le regarde ahuri. Il ne sait pas et détourne le regard. L’autre plutôt excentrique et imposant lui tape la discute, sur Paris, le quartier de Pigalle et son voisin africain de l’écouter par politesse sans intervenir le moins du monde. L’anglais qui fait l’effort de lui parler français lui parle en fait chinois. Il évoque la culture française, Le Paris du Moulin-Rouge, la rue Fontaine d’André Breton, les femmes de petite vertu et l’autre est incapable de tenir la conversation et ignore de quoi il parle dans la ville où il vit, dans le pays qu’il occupe. C’était magnifique : le touriste cultivé qui explique à l’immigré inculte qu’il occupe (encore) un territoire empli d’histoire et de culture française. Et l’autre de ne pas sortir un mot, le regardant comme un étranger alors que le schéma est inversé. L’étranger était dans son pays quand l'immigré était dans un pays qui n’était pas le sien et réciproquement.

9 novembre.

Ce matin aux informations, cette loi qui dorénavant pourra condamner les hommes qui mettront une main aux fesses aux femmes à 75000 euros d’amande et 5 ans de prison. Rien que ça ! Pour rappel, les cigarettes et les merdes qui jonchent nos trottoirs : 68 euros, 0 jour de prison.

Il y a un an, je voulais entamer une procédure judiciaire contre mon patron. Je suis reçu par un avocat qui en lisant le rapport que je lui avais soumis me dit : « Il y a effectivement harcèlement moral. Si vous lui faites un procès, au mieux, vous obtiendrez 4000 euros de dommages et intérêts mais il faudra quitter votre emploi. Un conseil, réfléchissez… » Pas de prison évoqué pour ce dingue.

Je souhaite assister au procès d’un type condamné pour avoir mis sa main aux fesses d’une belle femme qui ne fait rien pour ne pas les mouler dans son jean serré: « Circonstance atténuantes, 68 euros ! ». Bien évidemment, la main au cul est tout à fait dégradante et s’apparente à un geste de violence envers la femme non consentante. M’enfin 5 ans de taule pour un acte qui fut mon obsession, lorsqu’à 16 ans, éveillé par la beauté fulgurante des femmes, je rêvais que je touchais les fesses des étudiantes qui prenaient le bus en même temps que moi. J’ai évité effectivement une condamnation à perpétuité.

14 novembre.

Je suis le Bataclan.

Ce gros empaffé de Bruce Toussaint, avec sa voix de beauf qui se croit subtil, se demandait hier matin si le vendredi 13 était un jour où il fallait craindre un malheur, ne devait sûrement pas s’attendre à prendre l’antenne à minuit alors que deux heures plus tôt Paris baignait dans le sang. Il reprit donc sa voix d’usage (comme quoi ces journaleux sont des acteurs) pour annoncer la nouvelle tragédie qui frappe Paris. Des kamikazes intégristes ont mitraillé terrasses de café et restaurant avant de prendre en otage la salle du Bataclan en plein concert de rock. Parallèlement trois kamikazes se faisaient exploser devant le stade de France durant le match France/Allemagne où Hollande était présent. A 22h10, ma sœur m’appelait pour savoir si tout allait bien, me sommant de mettre la télé. Jusqu’à minuit et demi, je découvrais un nouvel acte de tuerie sanguinaire à quelques kilomètres de chez moi, avec le bandeau d’information jaune fluo d'information télé additionner le nombre de victimes. 40 à minuit, 120 le lendemain à 6h.

Ce matin, 129 étaient recensés et une centaine de blessés graves après que le GIGN a réussi à démanteler la prise d’otages dans la salle du Bataclan.

Après la consternation et l’effroi ; seul Trévidic, ancien juge antiterroriste, élevait le débat face aux médias dans leur sempiternel rôle de voyeurs assoiffés de sang, d’émotion et d’idéologie bien-pensante. Voici ce que j’ai relevé lors de son intervention sur le plateau : « Qu'est ce qu'on peut attendre d'un groupe terroriste si on les laisse devenir super puissants? La politique du monde (car il n'y a personne à pointer du doigt), les histoires de la Russie qui protège un tel, ce qui fait que l'on n'a rien fait, et ça au bout de trois ans, ça veut dire qu'on a construit un monstre. Une fois qu'un groupe terroriste est fort, il s'exporte (...) C'est toujours la même histoire, on laisse un groupe terroriste se développer et on se dit: « on a un monstre devant nous ». Bah oui. (...) C'est pas que la surveillance et la sécurité, il faut voir ce problème sur 10 ans. Après les premiers conflits en Irak, on vu la propagande djihadiste sur tout le territoire, par Internet en grande partie mais pas uniquement et la radicalisation monter en flèche ; donc ça n'a jamais été un simple problème de surveillance, de juge, de mettre en prison, c'est de traiter les causes. On commence à traiter les causes maintenant parce que le mouvement a explosé et est trop voyant de ceux qui partent en Syrie mais pendant dix ans on n'a rien fait, rien du tout sur ce terrain des causes. On faisait rien en maison d'arrêt, on faisait rien dehors; on faisait rien contre les sites Internet de venir dans tous les foyers pour qu'un gamin de 12 ans puisse regarder des vidéos djiadistes. On est en train de tout traiter en même temps, l'aspect sécuritaire à court terme mais il faut traiter maintenant à long terme, sur dix ans le phénomène de la radicalisation et tout ça on a commencé il y a deux ans. (...) La justice a des plans de dé-radicalisation en maison d'arrêt mais si demain vous mettez le paquet avec des religieux mais quand il sort il se retrouve dans son milieu salafiste, on recommence à zéro donc il faut que dehors, dedans, tous les partenaires fassent quelque chose et lutter contre cette idéologie, montrer à quel point elle est horrible. Il ne faut pas avoir peur des mots, être carré et droit dans ses bottes et c'est notre ambiguïté, c'est l'ambiguïté des sociétés modernes. On est copains avec des gens qui ont des idéologies très proches. Le wahhabisme a diffusé cette idéologie sur la planète depuis le conflit en Afghanistan, pour simplifier depuis 1979. Est-ce qu'on est copain avec eux parce que c'est un partenaire économique? La politique américaine, vous savez ce que c'est ? On adore les fondamentalistes religieux s'ils sont libéraux économiquement, c'est comme ça depuis des années. C'est leur credo. C'est super les saoudiens, c'est super le Katar parce qu'ils commercent, ils sont libéraux économiquement, c'est tout ce qui nous intéresse. Ils aiment les fondamentalistes religieux. On est dans un paradoxe total tant qu'on ne sortira pas de ça. Elles sont où nos valeurs? Elles sont quoi? On peut serrer la main de quelqu'un qui voile intégralement sa femme sous prétexte qu'il nous vend des armes ou qu'on lui achète du pétrole? La lutte contre l'idéologie et tous ceux qui la propagent ne sont pas nos amis (...) C'est l'idée depuis Ben Laden, c'est l'idée qu'on va taper sur la communauté musulmane, des musulmans vont dire :"Voyez, l'occident nous en veut," et ils vont se radicaliser plus facilement, c'est l'effet boule de neige, et ça, ça a été écrit comme stratégie par Al Qu Aïda il y a bien longtemps. Il faut que les populations musulmanes se soulèvent et pour ça il faut  qu'on leur tape dessus pour qu'après ils se soulèvent. »

Peu avant, Pujadas, organe du pouvoir suprême, coupait la chic d’un ancien patron des services de renseignements qui annonçait que le gouvernement cache les menaces aux français, que ces attentats sont prévisibles (le prochain de prévu aura lieu dans un centre commercial, dit-il),  et qu’il ne fait rien pour les déjouer malgré les informations dont il dispose. Que la guerre doit être total et que c’est scandaleux de laisser des innocents se faire massacrer sans aucune protection, alors même que la vigilance devrait être de tous les instants.

17 novembre.

Quatre jours après les attentats, je n’ai pas vu un militaire dans les Gare du Nord, de Lyon et Saint Lazare où je transite pour aller trimer ou pour en revenir. Je discute avec une agent de la gare Saint-Lazare qui à ma question me répond qu’effectivement, maintenant que je lui en parle, elle n’en a pas vu non plus. Pour résumer, je pars donc travailler chaque matin la mort dans l’âme et en risquant ma vie. Quelle belle ironie du sort. Et cela pour quelques centaines d’euros qui vont me permettre de réitérer tous les jours le risque en vue de me loger et de me nourrir.

Pendant ce temps, dans les médias, les morts sont déjà oubliés et on ne parle que de renforcement de la sécurité et des hommages symboliques festifs où rassemblements populaires, marseillaise, drapeau bleu blanc rouge déployé sur les monuments français et étrangers dressent cet élan de solidarité purement idéologique et qui ne sert évidemment à rien si ce n’est à conforter le slogan immature et débile du « Même pas peur, sinon ils auront gagné. » scandé un peu partout, notamment par les bobos parisiens, pour que la vie normale reprenne. (Si le prochain attentat a lieu dans une pissiotière, ils scanderont je suis une pissotière!) Sauf que la vie normale ne reprend pas quand on voit l’absence totale de sécurité dans les transports, l’ombre d’un futur attentat qui plane, la peur que ça vous tombe dessus ou sur vos proches ; surtout lorsque l’on croise ces types en djellaba qui rappellent qu’on vit non pas dans une société multiethnique mais surtout dans société, du moins en Ile De France, que l’on peut qualifier de uni ethnique ! Entre l’intégrisme sanguinaire d’une part et la récupération festive occidentale d’autre part, il est effectivement glaçant de croire en un idéal ici bas (même si les spécialistes nous disent que l’intégrisme radical ne recrute pas dans la population musulmane...). Les attentats de janvier puis de novembre ont montré une fois encore que l’on passait du tragique au festif (du réel à la propagande, du sordide au marketing, du sang aux cotillons).

Evidemment, la plupart des tueurs recherchés étaient fichés et ont transité entre la Syrie, la Belgique et la France en toute liberté. L’un d’eux avait loué le plus simplement du monde un appartement à Bobigny pour planifier les attaques. Restent ces visages de jeunes parisiens décimés qui constituent les 129 victimes. Des hommes et des femmes de 23 à 38 ans pour la plupart, déchiquetés par des balles et qui peut-être, pour certains, n’ont pas compris qu’ils mouraient car la seconde précédente, ils vivaient le plus normalement du monde, en discutant autour d’un verre, en marchant dans Paris où en écoutant de la musique dans une salle. Je pense également à ceux qui ont compris, terreur au ventre, ce qui se passait, et qui ont essayé en vain d’y réchapper avant d’être abattus froidement par ces types déstructurés. Rendons donc hommage à ces victimes du hasard et de la folie, et prions pour eux en mettant ces photos, certes indélicates, mais qui traduisent pour chacune d’elle, la violence qui caractérise la disparition subite d’un être vivant qui ne devait en aucun cas disparaître maintenant et qui s’est retrouvé criblés de balles. Il en est évidemment de même dans les pays où les bombes explosent chaque semaine, mais nous sommes novices en la matière.

Ces visages qui ressemblent à nos collègues, aux passants de nos quartiers, aux parents de nos élèves et à ces filles sur lesquelles on se retourne, n’expriment que l’absurdité d’une existence dont l’explication se trouve impactée dans leur corps. Ils sont vivants et souriants sur ces photos qui illustraient leur satané Facebook ou Twitter. Le réel les a conduits au silence, à la défiguration, à la mort dans le sang, à l’horreur et à l’effroi d’une mort balistique, puis très vite à l’oubli. C’est aussi pour cela que je les inclus ici.

 

Victimes

 

 

 

21 novembre.

Une semaine après les attentats, on peut ajouter une photo supplémentaire sur le trombinoscope mortuaire. Il y a donc 130 morts à ce jour.

Les frappes en Syrie et en Irak, L’assaut à Saint-Denis contre les commanditaires et la mort de l’un des cerveaux des opérations ont occupé cette semaine où à chaque station de métro, je regarde autour de moi s’il n’y a pas un cinglé qui va rentrer pour nous exécuter. La télé ne parle que de cela en continu et scande cette espèce de crétinerie libéro-médiatique qui consiste à dire que vivre comme avant est une façon de résister. Du coup, boire un verre en terrasse, aller au concert, sortir dans la rue deviennent des actes de Résistance contre l’obscurantisme ; rien que ça ! Ils doivent bien se marrer les djïadistes de voir ces moutons arborer en permanence cette idéologie démagogique, festive et vaine. Consommer est résister, faire la fête est combattre ; et bien, on est paré pour aller en Syrie. Hier lors des rassemblement devant les lieux mitraillés, on pouvait confondre le silence du recueillement (digne et seule façon de rendre hommage aux morts) avec le bruit et la musique. « Faites du bruit ce soir à 21h21 » était la consigne des communicants comme acte de résistance ! Se marrer, cloper, et boire en terrasse comme disaient trois abrutis bobos rue de Charonne alors qu’une semaine plutôt des hommes et des femmes se faisaient canarder. Quand ce n’était pas au tour de Cali, chanteur passoire des années 2000, de composer sa soupe larmoyante et indigeste; mais c’est Havanicius, piètre réalisateur, de produire son slogan obscène et franchouillard pour répondre aux islamistes. Pour une fois, seuls les musulmans sont sortis de leurs ambiguïtés permanentes en s’en prenant violemment et religieusement aux kamikazes. Mohammed Chirani en direct à la télé  jurait sur le Coran combattre ces assassins avec courage et véhémence en embrassant son passeport français. Drôle de séquence télévisuelle...

L’hypocrisie demeurait évidemment lorsqu’en interrogeant une femme voilée de Saint-Denis témoin de l’assaut, un journaliste annonçait qu’elle désirait rester anonyme devant la caméra (d’où la présence de son voile !!).

Les familles des victimes étaient invitées sur les plateaux télé, se laissant filmer par des caméras en apprenant le décès de leur fille. La ministre inculte de la culture appelait à la résistance en allant voir la comédie de France Gall au Palais des sports ! Les collabos de 1940 qu’on critiquait parce qu’ils continuaient à vivre sous l’Occupation devenaient les résistants des années 2010 parce qu’ils résistaient en prenant le métro ! Qu’écrirait aujourd’hui Sacha Guitry, inquiété par les autorités de la Résistance à la libération ?!

Non, résister, c’est avoir peur et prendre les armes pour aller combattre l’ennemi (ennemi bien évidemment construit de toute pièce par nos gouvernements). C’est dénoncer également le laxisme de la politique sécuritaire de la France et les tractations financières de nos gouvernements avec les pays du Golfe. La résistance anti-nazie avait la frousse et du courage. Aujourd’hui, les résistants ne doivent pas avoir peur et rester lâche. Seuls les visages des victimes appelaient au recueillement parce que de leur chambre frigorifique, ils ne pouvaient plus s’exprimer qu’à travers une photo où ils semblaient vivre encore un peu. Et même si ces mêmes victimes auraient arboré ce même comportement post-historique, festif, et démagogique, la mort les a auréolées du mystère de leur absence et du recueillement insuffisant qui puissent les conduire au Paradis.

Pendant ce temps, les militaires sont postés devant les écoles et lieux de culte juifs. J’appelle mon ancien employeur pour savoir si son école parisienne (600 élèves) est protégée ; et évidemment la réponse est non !

La sphère médiatique, telle qu’elle s’exprime sur nos écrans, contrôle la pensée collaborationniste (canal + en tête avec les ignobles Grand et Petit Journal, organe de propagande totalement infecte) et l’impose 24h sur 24 sans que nos résistants puissent les dénoncer de manière claire.

Pourquoi face au réel dans sa dimension terrifiante, prône-t-on la comédie de mœurs involontaire, l’appel du bas, l’hommage du vil, la prolifération idéologique, l’encouragement de la médiocrité ? Réponse : le libéralisme intégriste !

Les communicants ont décidé de récupérer le livre d’Hemingway, Paris est une fête (publié en 1964 et évoquant les années 20) pour asseoir leurs obsessions festives et permettre à tous de continuer à consommer de la merde. En interrogeant les commerçants, on constate que les chiffres d’affaire sont réduits de moitié car une grande partir de la population reste cloîtrée chez elle. Du coup, en pleine période de Vigipirate renforcé, les magasins ouvrent leurs portes demain dimanche !

Quelle indécence pour Hemingway, pour les victimes, pour les parisiens sceptiques que de déclamer en pleine période d’attentats où le sang a coulé, où les cris ont raisonné, où l’effroi a paralysé les habitants, que Paris est une fête (Cette ville que j'ai toujours qualifiée de ville de la mort de part l'indifférence, la pollution, le bruit qui règnent). L’émotion fait vendre, mais le deuil non. Le vacarme fait consommer quand le silence fait économiser. Hemingway, grand pourfendeur des corridas et suicidé de la société (donc logiquement banni des bobobeaufs) devient l’emblème malgré lui de cette farce post-historique médiatique et politique. A ce jour, le livre est en rupture de stock. Paris est effectivement une fête de gros débiles venus « faire du bruit » là même où des gens, leur double, ont péri criblés de balles. Pourquoi la crétinerie généralisée s’est implantée jusque sur les tombes ? Et en même temps, la proportionnalité de violence barbare à celle du consumérisme grotesque ? A une époque où des barbares armés jusqu’aux dents descendent des civils dans des rues, des salles de rédaction ou de concert, la seule réponse politique est militaro-consumériste et guerroyo-hédoniste. Pourquoi tant d’indécence à voir défiler en boucle les mêmes slogans infantiles où résister à la barbarie consiste à faire la fête et montrer qu’on la fait. Faire son deuil à se faire filmer. Pleurer les morts à aller défiler dans la rue avec des merguez et du ketchup. Emotion et cotillon contre réflexion et recueillement. Voilà également un combat de civilisation.

Paris est une fete

 

Seule chose étonnante et glaciale qui reflète bien l’époque. Le médecin de la BRI témoignait hier en racontant l’aspect inédit et horrifique des scènes de crime, au Bataclan notamment. Les victimes tuées, le sang, les balles, le désordre des morts et des blessés dans le silence revenu. Et ce spectacle glaçant où les portables sonnaient sur les corps inertes. Métaphore tragique de notre époque ultra-technique où le téléphone portable joue un rôle prépondérant et survit à son propriétaire qui ne décrochera plus. Les familles appelant leurs proches qu’elles savaient être au Bataclan. Les téléphones sonnaient l’alarme comme une mauvais chant funèbre quand les corps morts restaient à jamais silencieux. Et ces petites musiques stressantes résonnaient sur les cadavres après celles plus violentes des guitares électriques puis des balles de kalachnikovs.

22 novembre.

A force de voir ce cigle sur toutes les chaînes de télévision, les t-shirt, les pancartes, les sites Internet censés rendre hommage et parler de paix (à l’heure où l’on bombarde la Syrie, avec combien de victimes civiles innocentes ?), je me suis aperçu (déjà qu’il s’apparentait beaucoup à celui de l’Anarchie) qu’il ressemblait étrangement à celui du PSG. Ce qui en soit parait en pareille époque, très logique (en ce moment chaque match de foot en Europe ce joue avec la Marseillaise et le maillot de foot noir « Je suis Paris. »).

 

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24 novembre.

Quand la littérature mène au désastre.

En 2005, je cherchais un stage dans l’édition, les journaux littéraires et les magazines télé traitant de la littérature. Un jour, une rédactrice en chef de Canal + m’appelle. A sa voix de fumeuse, je crois à une mauvaise blague de mon frère puis elle me convint que c’est une ancienne disciple de Gille Deleuze reconvertie dans les « talk show télé». En l’occurrence, 20h10 pétante avec les crétineries de Stéphane Bern et de son équipe de bobos insupportables. Elle me dit être estomaquée de tomber sur le C.V. d’un type ayant fait son mémoire sur Maurice Sachs. Elle me veut en tant que rédacteur stagiaire pour son émission. Je vais à l’entretien. Le type me demande ce que je pense de l’émission et je lui demande s’il veut vraiment entendre ma réponse. Oui, oui, soyez sincère : « C’est de la merde. » lui réponds-je. Il ne s’attendait pas à tant de radicalité. A ce moment son téléphone sonne, c’est elle qui souhaite me parler. Je prends le combiné : « Ne vous embêtez pas à passer un entretien, demandez à mon collaborateur qu’il vous présente l’équipe et vous installe à votre bureau ! ». L’équipe de stagiaires, parlons-en, des petits ambitieux, noceurs et extrêmement méchants. Bref, je tiens une semaine et je démissionne. Etre payé 400 euros par Canal + pour 39 heures à faire des fiches sur des célébrités m’ont d’emblée fait vomir le monde du travail. Maurice Sachs me menait dans ce genre d’endroit, dans ce genre de travail et pour ce genre d’émission.

Hier, je discute avec mon abruti de patron qui veut toujours me confier un poste de directeur (directeur sur le papier ; surtout coincé entre lui à la communication et le nouvel acheteur). Je lui dis qu’il a été tout de même courageux de m’avoir embauché puisque ma première approche du travail fut de négocier les vacances scolaires. Je lui dis que je travaille par défaut et que mon poste est avant tout une souffrance quotidienne et que je n’imagine pas un instant occuper son fauteuil pour perdre et mon temps et ma santé. Et lui de me répondre : « Je n’ai pas été courageux, je vous ai embauché parce que vous aviez fait un travail sur Montherlant  et que personne aujourd’hui ne lit Montherlant. » Je lui dis alors que le travail est fait pour les gens banals ou à vocation, et que la mienne n’est certainement pas celle-ci. Et lui de renchérir pour me convaincre que lui-même utilise l’influence de ses maîtres (Arendt et Mishima !) pour travailler et influencer ses décisions ! (Tu parles !). Je réponds : « Alors estimez-vous satisfait que je n’utilise pas les préceptes de Montherlant dans mon travail ! ». (Qui pour résumer incitait à écrire son œuvre le matin pour chasser la brebis galeuse l’après-midi…).

En résumé : Sachs m’a mené à 20h10 pétante au milieu d’une équipe de bobos friqués payés à fabriquer de la bêtise et de la superficialité. Montherlant m’a conduit dans une école (c’est mieux vous me direz) pilotée par un cinglé tyrannique, injuste et manipulateur. Merci les gars. Si j’avais sur, j’aurais écrit sur Marc Lévy !

27 novembre.

Nouvelle vidéo de Nabe. Ecoeurante. L’espèce de caricature d’intello (ventre bedonnant, la cinquantaine ringarde) s’entoure de bobos issus de l’immigration (dans sa galerie bourgeoise où il vend ses tableaux et ses livres) pour vomir les bobos issus du territoire (et victimes des attentats du 13/11) tout en prônant l’action terroriste sous prétexte que la France a commencé en 2014. Aucune vision géopolitique, aucune compassion pour les victimes dont son fils (et non sa mère comme il le dit) aurait pu faire partie, aucune perspective pacifique dans son discours haineux et pro-intégriste. En pleine vengeance mimétique, il se fait sermonner par un blanc de vingt ans qui lui explique que la loi du talion n’a jamais résolu de conflit, et pire, les aggrave. A côté la réaction de Soral, bien plus profonde semble être un cours de géo-politique au minabe, pseudo célinien bébête, roi des galeries parisiennes mondaines. A la fin, tel un converti (mais qu’attend-il effectivement pour le faire ?), il écoute religieusement le communiqué des commanditaires paru après les tueries en approuvant d’un geste évocateur. Ce type, profondément abjecte car totalement idéologisé par la haine de ceux qu'il fréquente depuis 40 ans, n’a pas pu se faire à l’idée d’avoir été rejeté par le monde littéraire qu’il désirait et jalousait tant (toute son œuvre en témoigne, il fut le parasite des Sollers, Hedern Hallier qu’il rejeta par la suite lorsqu’ils furent à leur tour démodés). Du coup, le voilà depuis 2001, mais surtout 2010 dans une espèce de posture célinienne (de collabo donc) mais avec aucune espèce de talent polémiste ou comique. Sous prétexte d’être contre ce système militaire et compassionnel, il se fait l’avocat de religieux sanguinaires qu’il prend pour des résistants. Quelle thèse infantile et mimétique !

28 novembre.

Communiqué ministériel demandant : « d’éviter de sortir et d’utiliser véhicule et transport en commun à cause de la cop 21 les dimanche et lundi. ». Devant tant d’imprécision (éviter d’utiliser sauf nécessité : le travail est-il une nécessité ??), nous décidons donc de fermer l’école lundi devant l’annonce d’une journée cauchemardesque (réseaux routiers fermés ou encombrés, RATP et SNCF saturés) à cause de 121 moutons venus parler au Bourget du climat sous la présidence de Fabius protégés par 2800 policiers (qui ne seront pas là pour protéger les parisiens obligés de se rendre au travail).  Quelle nouvelle indécence. Paralyser la région Ile de France pendant deux jours pour des mesures qu’ils peuvent prendre tout au long de l’année. Même si lundi sera un jour de cauchemar en moins où je resterai chez moi, ce communiqué montre à quel point les politiques se fichent de leurs concitoyens au nom, une nouvelle fois, des grands principes humanistes modernes : l’écologie.

Ministere 1

30 novembre.

Je décide donc ne pas ouvrir l'école ce matin en prévision du trafic complètement bouché à cause de l'organisation de la COP21. Je préviens par courriel les élèves ce week-end et je lis sur le site de la RATP ce lundi matin:

Lundi 30 novembre 2015 à 9H57

Trafic général - Bulletin trafic en temps réel.

Trafic normal sur l'ensemble des lignes de RER, Métro, Tramway et Transilien SNCF.

Trafic prévu lundi 30 novembre à l'occasion de la COP 21.

En raison du dispositif exceptionnel de restriction de la circulation sur la Région Ile-de-France à l'occasion du sommet de la COP21, les transports en commun sont gratuits lundi 30 novembre.
La RATP prévoit un renfort de l'offre de transport sur ses réseaux ferrés lundi 30 novembre et une adaptation du réseau de surface du fait de la fermeture de certains axes.
La station Concorde est fermée au public. Les correspondances ne sont pas assurées.
Des perturbations importantes du réseau sont néanmoins à prévoir et des stations de métro peuvent être fermées sur demande de la Préfecture de Police.
La RATP assure également la desserte du Centre de conférence de la COP21 par des navettes de bus reliant le Parc des Expositions du Bourget au RER B et au Métro Ligne 7 pendant toute la durée de l'événement COP21.

Nos abrutis de gouvernants envoient une circulaire vague pour spécifier de ne pas prendre les transports dimanche et lundi. Afin d'éviter une journée cauchemardesque pour les élèves, pour ma pomme et l'organisation des cours, nous respectons l'avis et ce matin, je lis que tout va bien, que le trafic est  normal et gratuit (que les routes sont désertes ; évidemment les gens sensés ont renoncé à se déplacer). Mais quelle stupidité de ces organismes indigents et sectaires qui se croient seuls au monde! Pas étonnant que la RATP soit le principal employeur des djiadistes français quand on voit leur politique de communication et l'état normal de leurs pratiques sur le terrain. Un réel mépris des usagers et une organisation délirante. Ne prenez pas les transports publics ce lundi, nous les rendons gratuits! Désengorgez les axes, nous vous offrons la possibilité de les prendre gratuitement !

Nous sommes effectivement en état d’urgence, celui de la médiocrité gouvernementale !

Seul bonne nouvelle de la journée (qui en est une par défaut pour nos communicants glaciaux), Hambourg par référendum a voté NON  à l’organisation les J.O. de 2024. Quel acte de démocratie et de résistance allemands ! Avoir demandé aux hambourgeois leur avis est un acte civique magnifique et repousser ces jeux en est un encore plus grand ! Vive l’Allemagne. Réponse des médias français (collabos-festivos-nazis) : Un adversaire en moins pour la candidature de Paris…

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